Après le drame de Tumaraa, le gouvernement fait face aux violences conjugales

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Le 14 juillet, dans la commune de Tumaraa à Raiatea, une quadragénaire était passée à tabac par son conjoint. Alors que les autorités judiciaires tentent de connaître les raisons de ce déchaînement de violence, les autorités du pays réfléchissent aux solutions pour endiguer le phénomène de violences conjugales, en constante augmentation depuis des années.

Publié le 21/07/2023 à 10:43 - Mise à jour le 21/07/2023 à 10:45

Le 14 juillet, dans la commune de Tumaraa à Raiatea, une quadragénaire était passée à tabac par son conjoint. Alors que les autorités judiciaires tentent de connaître les raisons de ce déchaînement de violence, les autorités du pays réfléchissent aux solutions pour endiguer le phénomène de violences conjugales, en constante augmentation depuis des années.

Bien que sortie d’affaire, la quadragénaire admise aux urgences de Taaone le 14 juillet après avoir été passée à tabac par son tane, à Tumaraa, gardera des séquelles neurologiques des violences qu’elle a subies.

Placé en détention provisoire depuis le lundi 17 juillet, l’auteur des violences n’était ni alcoolisé, ni sous l’emprise de stupéfiants. Il ne souffrait pas de troubles psychologiques, et n’avait fait l’objet d’aucun signalement ou plainte, ont souligné les enquêteurs, qui cherchent à connaître les causes de ce passage à l’acte.

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Un cas de figure que l’association polyvalente d’action judiciaire (APAJ) a déjà eu à traiter. Selon sa directrice adjointe Wendy Otomimi, les violences incontrôlées sont parfois dues à des traumatismes d’enfance. « Cela peut relever des conflits conjugaux, qui peuvent avoir des répercussions sur les enfants. Cela peut être un facteur de reproduction des actes, explique-t-elle. Il est important que les familles puissent en discuter avec des proches, des professionnels, de manière à ce qu’ils puissent identifier les gestes de violences » .

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L’APAJ accompagne autant les victimes que les auteurs pour éviter la réitération des violences. Pour que leurs actions de sensibilisation soit plus efficace, elle dispense des formations et partage des informations auprès des écoles et des associations de quartier, au plus près des familles sujettes aux faits de violence.

« Si la prise de conscience n’est pas là,
ça ne fonctionnera pas »

Minarii Galenon, ministre des solidarités et de la famille

Le gouvernement et sa ministre des solidarités et de la famille Minarii Galenon annonce avoir déjà réalisé « une feuille de route pour les familles » et la création d’une « école de la parentalité » . « On a de plus en plus de parents jeunes, donc il faut les aider. Nous avons des associations qui rentrent dans les établissements scolaires pour donner des conseils, mais on aura beau mettre tout cela en place, si la prise de conscience n’est pas là, ça ne fonctionnera pas » , insiste-t-elle. C’est un travail communautaire qu’on va mettre en place » .

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Cette feuille de route consiste surtout à coordonner tous les acteurs de la lutte contre toute forme de violences. Une initiative déjà prise par tous les gouvernements qui se sont succédés. Seule réelle nouveauté, l’association des confessions religieuses, les églises menant déjà des politiques internes de lutte contre toutes les formes de violence.

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