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Nucléaire : le Tavini souhaite la création d’une commission d’enquête

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En réaction à l'enquête de Disclose sur le niveau réel de radioactivité des essais nucléaires, le groupe Tavini Huiraatira souhaite déposer un projet de délibération auprès de l'Assemblée de Polynésie française, concernant la création d'une commission d'enquête. Elle aura pour but de faire la lumière sur les réelles conséquences des essais nucléaires.

Publié le 16/03/2021 à 16:11 - Mise à jour le 16/03/2021 à 16:59
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En réaction à l'enquête de Disclose sur le niveau réel de radioactivité des essais nucléaires, le groupe Tavini Huiraatira souhaite déposer un projet de délibération auprès de l'Assemblée de Polynésie française, concernant la création d'une commission d'enquête. Elle aura pour but de faire la lumière sur les réelles conséquences des essais nucléaires.

“Ce sont des conséquences qui ne sont pas nouvelles sur le principe. Mais on s’aperçoit que la transparence et la responsabilité du côté de l’Etat, c’est un peu au compte-gouttes que ça arrive et c’est un peu tout les dix ans” a indiqué Richard Tuheiava, représentant du groupe indépendantiste. “Ce qu’on souhaite aujourd’hui, c’est de solliciter la création d’une commission d’enquête. On l’appellerait commission transparence et vérité pour reprendre les propos du Président Fritch, ce matin”.

Cette commission aurait pour but notamment de “faire la lumière sur certains aspects sanitaires et environnementaux des essais nucléaires français en Polynésie française. Notamment sur la manière dont les populations ont été exposées et insuffisamment protégées. Mais également sur les conséquences transgénérationnelles, les conséquences génétiques de ces essais” s’est exprimé Richard Tuheiava.

Ce mardi matin lors de la troisième session extraordinaire de l’Assemblée, Edouard Fritch s’est en effet exprimé sur la sortie du livre “Toxique” et les révélations concernant les essais nucléaires. “Le moment est venu de tout mettre sur la table et de lever les dernières zones d’ombre qui masquent encore la totale vérité sur les conséquences des essais nucléaires” a t-il martelé.

Même si le Tavini n’a pas la majorité au sein de l’hémicycle, Richard Tuheiava espère que les représentants des autres groupes politiques, dont le Tapura, seront favorables à ce projet de commission. “Ce qu’on souhaite, c’est que ce soit une commission qui soit adoptée par les 57 représentants. L’ensemble des élus du Tavini Huiratiraa est co-signataire. C’est qu’il y ait un ou deux représentants de chaque groupe politique qui constitue l’Assemblée pour que le nom de la commission d’enquête puisse être légitime”. “Je pense que les parlementaires polynésiens sont sincères et authentiques dans cette démarche. On n’est pas obligé d’avoir les mêmes opinions politiques pour arriver aux mêmes conclusions”.

“Il faut battre le fer quand il est chaud, quand la population attend des réponses” – Richard Tuheiava

Une commission, le Coscen, avait déjà été créée en 2006, sous l’impulsion de l’UPLD alors majoritaire. Cette commission d’enquête sur les essais aériens avait eu pour but de briser le silence sur les essais. “Sans cette commission, on n’en serait pas là, avec ces informations-là. […]” “Aujourd’hui, ce qu’on souhaite, c’est de dépassionner cette question-là et de revenir à la santé, fort des informations du rapport “Toxique”.

Le représentant des bleus a émis la possibilité d’un lien entre la minimisation des conséquences des essais nucléaires et l’aspect financier qui a découlé du CEP. “[…] Les conséquences financières étaient disproportionnées dans la relation bilatérale entre la France et la Polynésie française. Et peut-être qu’en découvrant davantage d’informations dans la réalité de cette relation bilatérale, on pourrait comprendre à quel point nos santés ont été mises sur l’autel d’un développement national qui dépasse ce dont on a bénéficié”.

Le projet de commission, déposé ce mardi matin, va faire l’objet d’examen en commission législative des institutions de l’Assemblée. “Nous allons ensuite aller rencontrer les présidents de chaque groupe avec cette idée qu’il y a possibilité de modifier le contenu. Il faut battre le fer quand il est chaud, quand la population attend des réponses”.

Lire aussi : Le niveau réel de la radioactivité lors des essais nucléaires en Polynésie, sous-évalué

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