mardi 2 mars 2021
A VOIR

|

Le fenua privilégie le tourisme haut de gamme

Publié le

Publié le 26/02/2015 à 8:38 - Mise à jour le 26/02/2015 à 8:38
Lecture 3 minutes

Avec « certainement 180 000 touristes en 2014 », la Polynésie est restée en retrait de la croissance du tourisme dans la zone Pacifique mais Jean-Christophe Bouissou ne s’en émeut pas : « Veut-on un tourisme de masse alors que nous sommes 270 000 habitants au risque d’être submergés ? Veut-on un développement du type Hawaï : billets pas chers, 8 millions de touristes et des habitants parqués et qui ont perdu leur langue ? », déclare-t-il à l’Agence France presse (AFP). 

De même, un brin agacé par les comparaisons avec ses voisins, le ministre rappelle que les « 700 000 touristes par an de Fidji génèrent moins de chiffre d’affaires que nos 180 000 touristes ».

Alors, pour atteindre l’objectif de ambitieux de 200 000 touristes en 2015, voire 300 000 en 2018, le ministre du Tourisme positionne le « produit polynésien » sur un haut de gamme spécifique grâce à l »‘authenticité » du mode de vie polynésien préservé.

Le coût du transport aérien étant le principal frein de cette destination lointaine, « le nombre de billets vendus à -30% du prix public à travers les réseaux de tour-opérateurs vont passer de 15 000 à 30 000 cette année », annonce Jean-Christophe Bouissou, également ministre du Transport aérien international et tutelle de la compagnie Air Tahiti Nui (ATN).

De plus, pour renforcer la desserte, ATN « est sur le point d’entrer dans l’alliance One World » ce qui « nous ferait passer de 6 à 7 code shares actuellement à plus d’une centaine », souligne Jean-Christophe Bouissou, qui espère que cela se fera « cette année ».

ATN vient de choisir Boeing pour renouveler sa flotte de long-courriers, délaissant Airbus. Le 787 Dreamliner américain correspond mieux « aux futures routes que nous souhaitons traiter et notamment la Chine », souligne le ministre.

Car les « touristes chinois sont très dépensiers », se réjouit Jean-Christophe  Bouissou, racontant l’anecdote de ce collier en perles de Tahiti à 200 000 euros (plus de 23 millions de Fcfp) vendu à un Chinois. S’ils ne sont que 3 000 à venir à Tahiti, Bora Bora ou Moorea, le gouvernement polynésien rêve d’en voir arriver jusqu’à 80 000 ou 90 000 à terme si d’importants projets se concrétisent avec des investisseurs chinois.

Le ministre évoque « l’implication de grand groupes comme Hainan dans la réalisation de complexes touristiques ». Cette holding forte d' »une branche hôtelière, une compagnie aérienne et une branche financière est sur le point de signer avec nous un protocole d’accord stratégique pour la réalisation d’un complexe hôtelier sur Tahiti », affirme le ministre.

Les Chinois se montrent intéressés d’avoir la pleine propriété ou la co-propriété de plusieurs hôtels existants. Cela permettrait « de mettre rapidement » des vols « depuis Pékin ou Hong Kong vers Papeete », selon le ministre, qui en espère une possible montée en puissance à « 18 000 touristes » annuels.

Pour apaiser les inquiétudes locales, la mise à disposition des terrains domaniaux (« 300 ha ainsi que la gestion du golf » pour le projet Atimaono) se fera sous forme de « baux emphytéotiques » et le protocole d’accord avec Hainan comporte des « obligations de recrutement de Polynésiens » tant pour la construction que l’exploitation.

Outre Atimaono, l’autre projet colossal est le complexe touristique de Mahana Beach, 52 ha avec hôtels de luxe, casino, sur la côte ouest, « un projet à 3 milliards d’euros à réaliser en 3, 4 ou 5 ans, donc rapidement », estime Jean-Christophe Bouissou, qui attend toutefois encore des investisseurs internationaux.

Il alerte contre la « pénurie de main d’oeuvre » mettant en regard les 3 à 4 000 chômeurs du BTP et les 10 000 emplois attendus du Mahana Beach. Il lance d’ailleurs un appel au retour des Polynésiens expatriés.

« 2014 a connu une progression de 0,8% des emplois créés, c’est le creux de la vague, la reprise est en cours et ces grands projets vont permettre de l’accélérer », veut croire le ministre, quand la Polynésie connaît « 22% de chômage », le double de 2007.

infos coronavirus