Sa demande d’autorisation pour observer les baleines refusée, un prestataire de Moorea saisit la justice

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Reconnu dans le milieu du whale watching à Moorea, Heifara Dutertre, excursionniste depuis une trentaine d'années, n'a pas obtenu la dérogation de la Direction de l'Environnement (DIREN) l'autorisant à observer les baleines à bosse avec ses clients. Un manque à gagner, en haute saison, qui l'a poussé à demander la suspension de la décision de la DIREN au tribunal administratif, ce mardi.

Publié le 08/08/2023 à 17:22 - Mise à jour le 10/08/2023 à 15:14

Reconnu dans le milieu du whale watching à Moorea, Heifara Dutertre, excursionniste depuis une trentaine d'années, n'a pas obtenu la dérogation de la Direction de l'Environnement (DIREN) l'autorisant à observer les baleines à bosse avec ses clients. Un manque à gagner, en haute saison, qui l'a poussé à demander la suspension de la décision de la DIREN au tribunal administratif, ce mardi.

Ouverte le 1er août, la saison d’observation des baleines à bosse du fenua fait le bonheur des nombreux touristes…et le chiffre d’affaires des nombreux prestataires d’excursions. Ceux-ci doivent impérativement obtenir une dérogation du Pays via la Direction de l’Envrionnement (DIREN) et donc un arrêté d’autorisation pour exercer leur activité.

Une autorisation que Heifara Dutertre, excursionniste de Moorea, n’a pas obtenu, faute d’avoir respecté les délais imposés pour formuler sa demande de dérogation. Ce mardi, le prestataire, qui estime ses pertes à minimum 120 000 fcfp par sortie annulée, a demandé au tribunal administratif de la Polynésie française de suspendre la décision de la DIREN.

En conflit avec son ex-compagne, co-gérante de sa société d’excursion qui l’a selon son avocat Me Quinquis « traîné dans la boue » , il explique ne pas avoir eu accès aux documents requis pour effectuer les formalités administratives dans les temps.

S’il reconnaît avoir dépassé les délais, l’excursionniste met en avant sa connaissance du métier et ses 30 ans d’ancienneté. « Il aurait du obtenir un délai. C’est une référence dans le milieu, tout le monde le connaît » , insiste Me Quiniquis, pour qui la décision de la DIREN relève de l’erreur d’appréciation. Avec son expérience du terrain, « Monsieur Baleine », comme il se ferait surnommer sur l’île sœur, revendique avoir contribué à façonner la règlementation de l’observation des baleines actuellement en place. Une contribution telle que le Pays « devrait l’aider » financièrement à poursuivre son activité, a-t-il estimé.

La DIREN s’est quant à elle montrée intransigeante sur le quota de 29 prestataires autorisés, un nombre qu’elle ne souhaite pas dépasser compte tenu de la pression exercée par les allées et venues des touristes sur les cétacés. Pour la DIREN, les affaires de la société de M. Dutertre, Dolphins & Whales Spirit Adventure, comme son nom l’indique, ne tournent pas seulement autour l’observation de baleines, dont la saison est ouverte jusqu’en novembre. En outre, le prestataire, de par son ancienneté, « connaissait ses obligations » , estime-t-elle.

Enfin, la DIREN a fait part d’une dénonciation visant M. Dutertre, qui aurait observé les baleines avec ses clients sans en avoir le droit, le 5 août. « Elles étaient sur le passage de notre excursion pour les requins, je n’allais pas dire à mes clients de fermer les yeux » , a rétorqué ce dernier, qui se défend avoir mis à l’eau ses clients, limités à l’observation depuis une corde attachée à son bateau.

MAJ – 10 août : Heifara Dutertre obtient gain de cause en référé

Le juge des référés a ordonné mercredi la suspension de la décision de la DIREN et donnée raison à la société Dolphins & Whales Spirit Adventure, gérée par Heifara Dutertre. Dans sa décision, le juge estime que l’activité d’observation des baleines est « particulièrement lucrative et nécessaire à l’exploitation de l’entreprise » . En outre, le Pays devra réexaminer la demande de dérogation du prestataire sous une semaine.

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