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Le SDF décédé en cellule était un homme qui se sentait seul selon père Christophe

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Publié le 19/02/2019 à 15:21 - Mise à jour le 07/06/2019 à 16:36
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Il avait 37 ans et se serait donné la mort. Ce sans domicile fixe avait été arrêté, mardi 19 février dans la matinée, pour ivresse sur la voie publique. Il avait été placé seul en cellule de dégrisement à la DSP. Mais vers 17 heures, les policiers ont constaté avec effroi qu’il était inconscient. Le corps de l’homme ne présentait pas de trace de violences, selon nos informations, mais il avait un lien serré autour du cou. Malgré l’intervention des secours, il n’a pu être réanimé.

Le trentenaire était connu du père Christophe qui le croisait fréquemment lors de ses maraudes : « C’est un jeune homme qui avait un lourd passé et qui avait surtout un gros souci avec l’alcool. Il illustre un petit peu la situation des personnes en grande précarité : beaucoup de solitude. Ce qui s’est passé à la DSP aurait pu se passer ailleurs. On en a eu déjà quelques-uns au cours des dernières années qui se sont suicidés. On n’a pas suffisamment conscience que quelqu’un qui est à la rue est seul. Même s’ils sont regroupés, ils sont seuls. Tu n’as pas de lieu pour dire ce que tu ressens, et parfois tu n’as pas les mots aussi ».

Selon l’homme d’Eglise, la victime ne souffrait pas de troubles mentaux à proprement parler. Ce qui est néanmoins le cas pour environ 15% des SDF de Tahiti, selon les chiffres dont il dispose. 

L’association Te Torea, qui les épaule, dresse le même constat. « Il y en a qui sont arrivés à la rue mais qui présentaient déjà des troubles de la personnalité. C’est-à-dire que quand ils étaient au sein de la famille, les membres de la famille n’arrivaient plus à un moment donné à gérer le comportement de la personne. Et finalement, soit ils ont laissé tomber la chose soit la personne est arrivée à la rue. La rue peut aussi créer des troubles de la personnalité parce qu’il y a de nouvelles règles, de nouvelles normes, qu’il n’y a pas chez les personnes dites ‘normales’. Concrètement, il y a toutes les formes d’addiction » explique Yasmina Taerea, directrice des centres gérés par l’association Te Torea.

Et pour leur venir en aide sur le plan psychiatrique, les moyens sont limités localement. « Il n’y a pas de centre dédié. Par exemple, une sorte de structure fermée pour accueillir des personnes qui présentent des troubles de la personnalité, des troubles mentaux… et qui sont à la rue. Pour l’instant, on bricole, on fait avec les moyens du bord. Cela reste toujours le domaine dont personne n’a envie de parler parce que la misère, personne ne veut en parler. Mais, ce que je peux observer depuis un petit moment, c’est qu’il y a une sorte de prise en compte de ces populations qui existe depuis de nombreuses années, comme avec le collectif Te Ta’i Vevo » poursuit Yasmina.

Sur le plan judiciaire, le parquet a ouvert une enquête pour déterminer avec précision les causes, mais aussi les circonstances, de la mort du jeune homme. Une autopsie devrait ainsi être pratiquée.

Et si sa famille ne se manifestait pas, ce qui arrive régulièrement, l’association Te Torea pourrait se charger des obsèques. Pour que le dernier voyage de ce sans domicile fixe ne se déroule pas dans l’anonymat, dans la solitude qui lui pesait tant.
 

Jean-Baptiste Calvas

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