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Air Moorea : 9 ans après le crash, une nouvelle hypothèse

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Publié le 05/02/2016 à 9:01 - Mise à jour le 27/06/2019 à 10:53
Lecture 3 minutes

L’affaire sera jugée cette année en correctionnelle : le crash d’Air Moorea du 9 août 2007 avait coûté la vie à 20 personnes.
L’instruction s’achève. Jusqu’à présent, le mauvais entretien de l’appareil a été considéré comme étant à l’origine du drame, lors du réquisitoire définitif du Parquet. Mais aujourd’hui, les avocats de la compagnie aérienne affirment que l’hypothèse de la rupture du câble ne tient pas. Ils se basent sur les conclusions de Bernard Dubucq, expert aéronautique, qui a présenté ses conclusions devant la presse ce vendredi.
 
“Que ce soit au niveau du cadran, ou que ce soit au niveau du cadre qui se trouve dans l’empennage, lequel traverse le câble… les déchirures qui sont observées sont des déchirures qui sont post-impact. Comment voulez-vous que le câble puisse faire ces dommages là s’il est cassé. Donc, cela nécessite nécessairement que le câble soit encore sous tension au moment où les dommages s’opèrent. (…) le câble n’est pas à l’origine de l’accident”
, insiste l’expert.
Ses conclusions s’appuient sur celles issues d’un premier rapport qui s’intéresse aux aspects techniques “C’est un rapport officiel qui est établi à partir des constats qui ont été effectués sur l’ensemble des éléments à partir du renflouement d’une partie de l’appareil”.
 

L’avocat de la compagnie aérienne avance une autre hypothèse : un malaise du pilote. Maître François Quinquis entend “souligner un certain nombre d’invraisemblances objectives et neutres. Ces invraisemblances objectives et neutres viennent d’être soulignées par monsieur Dubucq, lorsqu’il vous dit avec force qu’il n’est pas possible que le câble soit rompu en vol. Il n’est donc pas possible d’imputer l’accident à un quelconque défaut d’entretien dudit câble”.
Quant à l’hypothèse du malaise :
“Ca fait partie des pistes que, j’imagine, le juge d’instruction va explorer. Il y a, outre le rapport d’autopsie, qui révèle un état de santé déficient du pilote, un certain nombre de certificats médicaux qui viennent corroborer le doute sur l’hypothèse d’un malaise de l’intéressé au moment du vol”, conclut maître Quinquis.
 
Présent lors de l’exposé cet après midi Nikolaz Fourreau, président de l’association 987, association de défense des familles des victimes, considère que ces explications ne tiennent pas…
Pour lui, la compagnie cherche à gagner du temps.
“On est à quelques jours de fermer l’instruction… qu’ils sortent un lapin de leur chapeau c’est très bien… (…) néanmoins, il y a quand même dans cette présentation, des éléments un peu gênants qui sont passés sous silence… (…)  Sur la rupture du câble, la possibilité qu’il tombe au fond de la carlingue sans efforts : c’est absolument faux. C’est un moment du vol où il y a les plus grandes tensions sur le câble, donc, il y a forcément des réactions violentes du câble”, commente Nikolaz Fourreau. Il ajoute : “On est dans un axe de défense classique d’une compagnie qui met tout sur le dos d’un pilote. Pour avoir écouté, alors que c’était particulièrement pénible, la dernière minute de vol, on entend, après son fameux juron, beaucoup de réactions du pilote. C’est quand même assez étonnant qu’un pilote qui fasse un malaise s’amuse à toucher les boutons qui sont sur la partie haute du poste de pilotage. Quelqu’un qui fait un malaise, il s’écroule au fond de son fauteuil éventuellement. Il y a beaucoup d’approximations. On note que la compagnie dépense beaucoup de moyens pour mettre des doutes alors que l’instruction est finie, que beaucoup beaucoup d’experts ont mit en avant que seule une rupture du câble pouvait avoir comme conséquence un comportement de l’avion comme il l’a eu. (…) On est dans de l’approximation. On va nous aussi réagir et mettre des experts reconnus. (…) C’est très joli, c’est un dessin animé qu’il nous a présenté, mais rien de plus”, conclut-il.
 
Au total, 137 personnes se sont constituées partie civile dans cette affaire instruite depuis 8 ans, et dont nous connaîtrons l’issue cette année.
 

Laure Philiber

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