jeudi 6 octobre 2022
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Vers une nouvelle hausse du SMIG à compter du 1er mai

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Ce jeudi matin, dans son discours d'ouverture à l'assemblée de la Polynésie française, Edouard Fritch a annoncé que le conseil des ministres proposera dès la semaine prochaine une augmentation du SMIG à compter du 1er mai. Il a également indiqué réfléchir à arrondir le prix de la baguette de pain à 60 Fcfp suite à la flambée du prix de la farine.

Publié le 14/04/2022 à 12:18 - Mise à jour le 15/04/2022 à 14:31
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Ce jeudi matin, dans son discours d'ouverture à l'assemblée de la Polynésie française, Edouard Fritch a annoncé que le conseil des ministres proposera dès la semaine prochaine une augmentation du SMIG à compter du 1er mai. Il a également indiqué réfléchir à arrondir le prix de la baguette de pain à 60 Fcfp suite à la flambée du prix de la farine.

Ce jeudi, a lieu la première séance de la session administrative (à suivre en direct ICI). Lors de son discours d’ouverture, le président du Pays, Edouard Fritch, en a profité pour faire un bilan de l’année écoulée, mais aussi des premiers mois de l’année 2022. Il a également fait plusieurs annonces, suite à “l’inflation importée qui se profile en 2022”.

Vers une nouvelle hausse du SMIG

“Le Conseil des ministres proposera dès la semaine prochaine une nouvelle hausse du SMIG applicable à compter du 1er mai, ainsi qu’une revalorisation du point de l’indice des fonctionnaires. Ces mesures visant à préserver le pouvoir d’achat des plus bas salaires, viennent s’ajouter aux dispositifs déjà conséquents qui constituent le bouclier anti-inflation que nous avons progressivement déployé depuis le début de l’année” a-t-il indiqué.

Pour rappel, le SMIG avait déjà été augmenté de 2% au 1er décembre 2021. Le SMIG horaire étant passé à 922,92 Fcfp, le montant du SMIG mensuel pour 169 heures de travail actuel est de 155 973 Fcfp.

Pas de hausse pour l’essence, mais une hausse envisagée pour le pain

Si le SMIG pourrait donc augmenter, cela ne sera en revanche pas le cas pour le prix de l’essence qui devrait se maintenir au moins jusqu’en juin : “Tous les spécialistes s’accordent à dire que la guerre en Ukraine provoquera une augmentation significative du coût des carburants. Le baril est passé de 69 à 100 puis 130 dollars. (…) Nous avons décidé en Conseil des ministres de maintenir le prix à la pompe jusqu’au mois de juin prochain en puisant dans le Fonds de Régulation des Prix des Hydrocarbures. Ainsi, le litre d’essence est vendu 146 Fcfp, contre 159 Fcfp en Nouvelle-Calédonie et près de 210 Fcfp en métropole. Nous soutenons également le prix du gazole livré à EDT pour qu’il n’y ait pas de répercussions sur la facture d’électricité”.

Pour le pain en revanche, cela risque de sembler un peu plus compliqué. La baguette qui est à 57 Fcfp depuis novembre 2019 pourrait passer à 60 Fcfp : “Le prix de la farine s’envole. Au travers des derniers appels d’offres sur la farine, le prix du kilo est passé de 62 à 104 Fcfp. Sachez que pour maintenir le prix de la baguette PPN à 57 Fcfp, le gouvernement devra rallonger le soutien financier à la farine de 500 millions de francs supplémentaires, pour le porter annuellement à un total de 1 milliard de francs. Tout cela a un coût. Nous étudierons l’opportunité soit de maintenir le prix de la baguette à 57 francs ou de l’arrondir à 60 francs” précise Edouard Fritch. Et d’ajouter : “En tout cas, j’observe que le pain est gaspillé au sein de nos familles. Si bien, qu’il sert beaucoup à nourrir les cochons. L’autre jour, j’ai entendu un polynésien dire que ‘le premier geste de sauvegarde de notre pouvoir d’achat et de lutte contre la vie chère est d’éviter le gaspillage de nourriture. Jeter la nourriture pour ensuite se plaindre de devoir aller au magasin est l’aveu de nos propres faiblesses’ disait-il. J’ai trouvé cette réflexion remplie de bons sens”.

Face à la flambée des prix des matières premières dans le secteur du BTP, le président a déclaré avoir “pris les devants pour limiter cet impact sur le secteur du BTP à travers la mise en place d’un régime d’exonération de certaines matières premières pour l’année 2022. J’ai demandé aux services du Pays et à ses établissements publics, qu’ils soient EPA ou EPIC, d’appliquer avec bienveillance les règles prévues au Code des Marchés publics pour les révisions de prix, en cas de hausse inattendue du coût des matériaux. J’invite les communes à faire de même. Si nous ne le faisons pas, et si les entreprises du BTP travaillent à perte, leur survie est en jeu et de nombreux emplois du secteur seront menacés. Et cela nous coûtera bien plus cher, collectivement”. “Nous allons également proposer l’exonération des droits et taxes à l’importation sur les bois de construction” a-t-il annoncé.

Élargissement de la liste des PPN et lancement d’une application pour contrôler les prix

Concernant la liste des PPN (Produits de Première Nécessité), elle sera élargie, “notamment pour les îles autres que Tahiti et Moorea, pour les produits laitiers, les produits d’hygiène féminine, la viande locale, le punu pua’a toro local ou encore la lessive liquide”.

Une application mobile sera bientôt téléchargeable afin d’être informés sur les prix pratiqués dans les magasins et acheter de manière “plus responsable” et “permettre la plus large diffusion possible du ‘panier futé’ publié par la Direction générale des affaires économiques”, également consultable sur le site internet de la présidence : “Depuis l’adoption du Code de la concurrence, tous les prix sont désormais libres, sauf en ce qui concerne les PPN et les PGC, c’est le cas des couches pour bébé ou du corneed beef. Dans ce système de libre concurrence, c’est le consommateur qui devient de fait le contrôleur des prix. C’est pourquoi nous préparons, pour les prochains jours une large campagne de communication destinée à inciter les consommateurs à la vigilance en adoptant des comportements d’achat responsable. C’est-à-dire, inviter les consommateurs à comparer les prix, à ne pas acheter là où c’est le plus cher”.

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