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La goutte, sujet des 39e journées d’orthopédie d’Outre-mer

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Publié le 31/03/2019 à 13:26 - Mise à jour le 31/03/2019 à 13:26
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L’ACOT (association des chirurgiens orthopédistes de Tahiti) organise les 39e Journées d’orthopédie d’outre-mer du 1er au 5 avril, pour la première fois à Tahiti et Moorea.

L’événement s’adresse à l’ensemble des chirurgiens orthopédistes, des spécialistes, des médecins et des paramédicaux s’intéressant à la pathologie ostéo-articulaire. 
 
Parmi les sujets débattus ce lundi matin, la maladie de la goutte qui affecte particulièrement la Polynésie. Plus de 7000 patients en sont atteints. Une maladie génétique principalement déclenché par un excès d’acide urique dans le sang : « La goutte est un problème majeur ici (…) Ce sont des dépôts d’acide qui détruisent les tissus, les vaisseaux. (…) C’est une maladie génétique comme le diabète. Si on a le gène de la goutte, on n’y échappe pas. Il faut un traitement pour faire baisser le taux d’acide urique et bien entendu, il faut faire attention à ce qu’on mange », explique le docteur Charles Belli, chirurgien orthopédiste à Tahiti. 

La goutte n’est pas forcément une maladie liée à la consommation excessive d’alcool même si l’alcool est un déclencheur : « Le truc qui déclenche la crise de goutte de façon expérimentale, c’est le pua roti, et également la bière qui déclenche les crises de goutte. C’est pour ça qu’ici en Polynésie, quand on parle de goutte, les gens sont persuadés qu’on les traite d’alcooliques. Ça n’a rien à voir,  assure le médecin. Mais la bière déclenche particulièrement. Et le pua roti, à coup sûr ! » 
Pour le docteur Charles Belli, le plus difficile est de faire admettre aux patients que le traitement de la goutte doit être pris à vie, tout comme celui du diabète.
 

En vidéo, l’interview du docteur Belli

Ce type de congrès permet aux professionnels d’échanger. Venu en Polynésie plusieurs fois, spécialiste de la chirurgie du genoux, professeur d’université, Philippe Neyret, célèbre chirurgien orthopédiste, exerce aujourd’hui en Suisse et aux Emirats. Pour lui, cet événement est l’occasion d’échanger avec ses confrères et d’en apprendre plus sur la goutte, maladie peu connue en métropole : « J’ai entendu parler de la goutte et j’ai vu ici des gouttes comme je n’en vois pas en métropole. c’est une maladie spécifique et je crois que dans ce type de maladie, c’est très important d’avoir de l’expérience. On a entendu des chirurgiens qui parlaient fort bien de la goutte, avec des points de vue différents mais qui ont pu exprimer leur expérience. Moi, je n’ai pas une expérience aussi grande sur la goutte (…) Si j’ai un patient maintenant qui a la goutte, je demande volontiers l’avis de spécialistes de Tahiti. » 
 

Rédaction web avec Sophie Guébel

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