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Grève à Tahiti Valeurs : un mois après, le mouvement se poursuit

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Publié le 17/01/2019 à 16:25 - Mise à jour le 17/01/2019 à 16:25
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Ils sont en grève depuis maintenant un mois. 20 des 27 convoyeurs de la société Tahiti Valeurs, qui alimente les distributeurs de monnaie et collecte les fonds chez les commerçants, ont cessé le travail, principalement pour réclamer une revalorisation de leurs salaires. Mais le conflit s’enlise. Aucune négociation n’a eu lieu depuis plus de trois semaines. « Ils passent devant nous et ne font pas attention à nous… On ne doit pas être intéressants pour eux » s’indigne Hiti Van Cam, convoyeur de fonds et délégué syndical.

Les convoyeurs de fonds restent pourtant mobilisés pour obtenir la revalorisation de leurs primes et de leurs salaires. Par exemple, Peter Tetuanui, convoyeur de fonds chez Tahiti Valeurs, n’a pas été augmenté depuis 13 ans : « Cela fait 26 ans que je travaille pour eux 
et je touche 188 000 CFP par mois »
. Comme ses collègues, il reste déterminé, même si le manque d’argent se fait sentir : « Je vais à la pêche pour nourrir mes enfants. Ils n’ont rien eu à Noël » confie-t-il.

Mais la grève risque de durer, car la société continue de tourner grâce à des salariés d’autres filiales qui effectuent le travail des grévistes, et l’argent coule toujours des distributeurs. « Ils utilisent des véhicules banalisés, et ils ont le droit, mais dans des circonstances qu’ils doivent respecter, comme l’utilisation de valises sécurisées » déplore Hiti Van Cam.

Sauf que sans la carte professionnelle de convoyeur, ces « remplaçants » ne peuvent transporter que des billets, pas des pièces. Les plus impactés par cette grève sont donc les 400 commerçants clients de la société Tahiti Valeurs qui transportent eux-mêmes leur monnaie. C’est dangereux « pour les échanges dans les caisses par rapport aux clients, ou le ramassage de la recette au quotidien… Ils le déposent en agence mais cela leur fait prendre un risque explique Hiti.

Pour l’instant, aucune autre rencontre avec les dirigeants de la société n’a été prévue. Nous avons contacté son président et actionnaire, mais ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer.

Rédaction web avec Tamara Sentis

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