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Que reste-t-il du Taui 15 ans après ?

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DOSSIER DE LA RÉDACTION - C’était il y a tout juste 15 ans ! Le 23 mai 2004, un vent de « taui » soufflait sur la Polynésie. À la surprise générale, Oscar Temaru ravissait la présidence de la Polynésie à Gaston Flosse. 15 ans après, que reste-t-il du Taui ?

Publié le 23/05/2019 à 8:18 - Mise à jour le 20/06/2019 à 16:05
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DOSSIER DE LA RÉDACTION - C’était il y a tout juste 15 ans ! Le 23 mai 2004, un vent de « taui » soufflait sur la Polynésie. À la surprise générale, Oscar Temaru ravissait la présidence de la Polynésie à Gaston Flosse. 15 ans après, que reste-t-il du Taui ?

Le 23 mai 2004 :  une date incontournable dans l’histoire contemporaine du Pays. Au soir des élections territoriales, l’UPLD d’Oscar Temaru prend tout le monde de court. La coalition menée par l’indépendantiste l’emporte d’une courte tête grâce à la prime majoritaire voulue par Gaston Flosse… Le mois suivant, avec le soutien des deux autonomistes du Fetia Api et de No Oe e te nunaa, il est élu président du Pays par 29 voix contre 28 pour Gaston Flosse.

> Séisme politique

Un séisme politique auquel personne ne s’attendait. Anthony Geros, pilier du parti indépendantiste était aux premières loges :
“Nous nous sommes toujours préparés, à chaque élection, à nous retrouver en deuxième position. Ça a été un événement sociétalement, puisque pour la première fois depuis de très très longues décennies, on a pu enfin voir le paysage politique à l’assemblée de la Polynésie changer du simple au double”, se souvient le président de l’assemblée de l’époque.

Edouard Fritch, lui, était à l’époque le dauphin de Gaston Flosse. Il se rappelle d’une soirée difficile pour le camp orange : “un triste souvenir. Bien sûr que perdre une élection ce n’est jamais facile pour ceux qui l’ont préparée, ceux qui ont fait campagne. Mais effectivement, il fallait se mettre cela en tête : c’était le début d’une nouvelle ère.” 

> La prime majoritaire à l’origine de l’élection d’Oscar Temaru

Pour le politologue Sémir Al Wardi, l’élection d’Oscar Temaru n’aurait pourtant pas dû se produire ! C’est l’instauration d’une prime majoritaire, réclamée par Gaston Flosse, qui précipite paradoxalement sa chute : “le système était verrouillé. Normalement, il n’y aurait pas dû y avoir de rupture. Il y a eu rupture parce que le mode de scrutin n’a pas fonctionné. Si on avait gagné l’ancien mode de scrutin, eh bien Flosse gagnait et gagnait haut la main. C’est véritablement ce désir d’obtenir plus de pouvoir et plus de représentants à l’assemblée qui a entraîné sa perte. Je répète ce que j’ai dit : Gaston Flosse s’est suicidé politiquement à ce moment-là.” 

> Instabilité 

L’après-Taui est placé sous le signe des bascules politiques qui font changer les majorités ! Une instabilité qui dure jusqu’en 2013. Et si le Taui a libéré la parole, il a aussi changé la pratique du pouvoir. “L’expérience du Taui a été difficile pour tout le monde : pour nos investisseurs, pour nos salariés, on a perdu 10 000 emplois. D’une façon générale, le Pays a beaucoup perdu, estime Édouard Fritch. Mais le Pays a aussi gagné quelque chose avec le Taui. C’est cette vision nouvelle de la politique. Oscar Temaru a été un homme très ouvert malgré tout, Gaston Tong Sang a été un homme très ouvert. Ces deux personnalités qui nous ont dirigées pendant quelques années. J’en tire des leçons personnellement parce que j’ai senti, au-delà des combines politiques qui ont fait qu’il y a eu ces différents renversements, j’ai compris aussi que dans l’opinion publique, quelque chose se produisait.”

Anthony Géros, parle lui aussi, d’une période de transition : “Le changement, il n’est pas encore là. D’ailleurs, les problèmes sont toujours les mêmes, les pratiques sont toujours les mêmes… Mais effectivement, on évolue petit à petit. Je pense que nous avons traversé la phase de transition qui était celle du Taui et aujourd’hui nous sommes dans une autre phase qui commence à se dessiner, on ne sait pas trop encore quelle est son expression réelle, on tâtonne quoi.” 

> Le camp autonomiste bouleversé

Malgré son succès en 2004 puis en 2005, le parti indépendantiste n’est plus parvenu à s’imposer dans les urnes. Quant au camp autonomiste, le Taui l’a bouleversé. Le Fetia Api ou  No oe Te Nuna ont été absorbés : “Ces autonomistes modérés ont disparu. On ne les voit plus. Ils ont tous été intégrés dans le Tapura ou alliés au Tapura. La conséquence elle est là : il n’y a plus plusieurs types d’autonomistes finalement. Il n’y a plus qu’un groupe autonomiste qui est véritablement le Tapura”, analyse le politologue Sémir Al Wardi.

Et même si Tahoeraa est toujours à l’assemblée, le plus vieux parti autonomiste a implosé ! Ultime conséquence du Taui.

Contactés pour participer à ce reportage, ni Gaston Flosse, ni l’un de ses cadres n’ont souhaité s’exprimer sur le sujet.

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