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12 mois de prison avec sursis pour l’ancien militaire de Rikitea

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L'ancien adjudant-chef dans la Légion étrangère a été jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Papeete ce jeudi. L'homme, qui vivait depuis 25 ans à Rikitea avec sa femme, avait mal supporté leur séparation. Il a ainsi été jugé pour de multiples infractions, dont appels malveillants, menaces de mort ou encore détention et usage d'arme à feu, en l'occurrence un fusil à pompe, et condamné à 12 mois de prison avec sursis.

Publié le 04/11/2022 à 13:53 - Mise à jour le 04/11/2022 à 16:21
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L'ancien adjudant-chef dans la Légion étrangère a été jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Papeete ce jeudi. L'homme, qui vivait depuis 25 ans à Rikitea avec sa femme, avait mal supporté leur séparation. Il a ainsi été jugé pour de multiples infractions, dont appels malveillants, menaces de mort ou encore détention et usage d'arme à feu, en l'occurrence un fusil à pompe, et condamné à 12 mois de prison avec sursis.

Yves Scanzi, ancien légionnaire d’une soixantaine d’années, a été jugé ce jeudi à Papeete pour répondre de plusieurs infractions commises entre février et août 2022 aux Gambier. Vivant mal la situation de son couple, en instance de divorce, il comparaissait notamment pour appels malveillants, menaces de mort et détention et usage d’un fusil à pompe.

Installé à Rikitea avec ses enfants depuis plus de vingt ans, le couple finit par s’effriter et leur relation dégénère rapidement. C’est à la suite de deux plaintes déposées par sa femme à la gendarmerie que Yves Scanzi se voit signifier l’interdiction de l’approcher, le 25 février.

Mais malgré cette ordonnance, M. Scanzi passe des appels menaçants, envoie des emails cinglants et des photos de plantes et d’habits brûlés. Sa femme aimant les plantes, il pense ainsi l’atteindre : “Je répondrai à ton silence par un arbre brûlé”, lui lance-t-il.

Il n’est pourtant pas réputé être quelqu’un de violent au sein du village. L’expertise psychiatrique estime d’ailleurs qu’il “n’a jamais été dangereux en dehors du cadre de ses fonctions“, appuyant les propos d’un homme qui déclare qu’ “en aucun cas de ma vie, je n’aurais fait de mal à ma femme et à sa famille“.

“Une bulle mortifère”

Mais il se montre sous son pire jour quand il envoie une photo de lui en tenue militaire, fusil à pompe à la main et message menaçant à la clé. Il ressent “une espèce de psychose qui s’est mise en place sur l’île” le concernant et s’enferme “dans une bulle mortifère“. C’est à ce moment qu’il menace explicitement sa femme et son entourage.

Il avoue avoir “pété les plombs“. Il déclare à sa fille : “je vais partir en montagne et je vais pouvoir éliminer qui je veux […] J’ai toujours rêvé de faire Koh Lanta“.

Fin août, ses menaces font rapidement le tour de la petite île. Le procureur estime que le légionnaire représente un danger potentiel. “J’ai appris leur arrivée par une indiscrétion, je suis allé me cacher dans la montagne et je les ai vus se placer autour de ma maison pour m’observer”, confie-t-il. Cette méthode de planque, il la connaît : il l’a lui-même enseignée, en tant que formateur à la légion.

C’est finalement une conversation avec sa fille qui le décide à se rendre. Il n’oppose aucune résistance lors de son arrestation.

Une fin tragique évitée

Le légionnaire ne tarde pas à exprimer ses regrets. Avant le procès, et à plusieurs reprises au cours de l’audience, il se demande lui-même comment il a pu “être aussi con“.

“Ce sont des faits graves. Heureusement, la justice et le parquet sont intervenus à temps pour qu’on n’arrive pas à des extrêmes”, souffle Me Peytavit, avocat de la partie civile.

Pour ses actes, le tribunal a condamné Yves Scanzi à 12 mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire de 2 ans, plus 300 000 Fcfp de dommages et intérêts. Il sera également obligé d’avoir un suivi psychiatrique, avec interdiction de rentrer en contact avec sa femme et de détenir une arme.

Yves Scanzi a réagi à sa condamnation dans une interview à retrouver ci-dessous :