mercredi 25 novembre 2020
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Les habitants de Rikitea veulent récupérer leurs terres, domaniales par défaut

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Le comité de gestion de la perliculture des Gambier avait déjà fait état de ses difficultés, il y a quelques semaines. Une situation qui conduit des habitants de Rikitea à se tourner vers la terre pour nourrir leurs familles. L’une d’entre eux réclame la mise en place d’une procédure davantage simplifiée pour les familles concernées par l’indivision, à l’instar de Rurutu. A travers un courrier adressé au président du Pays, elle exprime les inquiétudes de sa population.

Publié le 21/06/2020 à 13:58 - Mise à jour le 21/06/2020 à 14:04
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Le comité de gestion de la perliculture des Gambier avait déjà fait état de ses difficultés, il y a quelques semaines. Une situation qui conduit des habitants de Rikitea à se tourner vers la terre pour nourrir leurs familles. L’une d’entre eux réclame la mise en place d’une procédure davantage simplifiée pour les familles concernées par l’indivision, à l’instar de Rurutu. A travers un courrier adressé au président du Pays, elle exprime les inquiétudes de sa population.

Diversifier ses ressources est un impératif pour une partie de la population des Gambier.

La crise mondiale n’a pas épargné l’archipel. Faute de greffeurs, et surtout faute d’acheteurs, le secteur de la perle, première ressource de Rikitea, est à l’arrêt ou presque. Tout comme le tourisme.

Certaines familles se tournent vers la terre pour y trouver de nouveaux revenus.

« La perliculture est en berne, le tourisme est à l’arrêt, et aujourd’hui, nous avons besoin d’aide », explique Iolanie Raoulx, habitante de Rikitea et propriétaire. « Avec le confinement, beaucoup de familles sont retournées sur les terres pour planter. D’abord pour les besoins de la famille. Nous sommes un peuple d’agriculteurs, nous avons ça dans nos gènes. Ça pourrait devenir une nouvelle source de revenus, mais le gros problème à Rikitea, c’est le foncier. »

Cette habitante des Gambier a rédigé un courrier à l’attention du président du Pays. Elle réclame que les procédures pour sortir de l’indivision puissent être à nouveau facilitées et que la situation particulière de l’archipel soit prise en compte. Parmi les freins rencontrés : la mention « domaine public de Polynésie par défaut ». La disparition du registre de district, également, empêche les revendications.

Iolanie Raoulx (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Cette originaire des Gambier se refuse à louer les terres de ses ancêtres. Pour elle, l’usucapion ou ‘aitau, qui consiste à acquérir la terre par prescription après avoir prouvé qu’on l’occupe depuis plusieurs années, reviendrait à priver une partie de la famille de son héritage.

« Presque toutes les terres à Rikitea sont présumées domaniales, indique Iolanie Raoulx. Les démarches pour revendiquer nos terres sont bien souvent longues, coûteuses, et bien souvent impossibles parce qu’on a un registre qui a disparu. Aujourd’hui, je demande au gouvernement de faciliter ces démarches. Pas dans deux ans, pas dans trois ans : c’est maintenant qu’on a besoin de retourner sur nos terres, c’est maintenant que nous avons besoin de nourrir nos familles et de diversifier leurs ressources. »

Iolanie réclame que le Pays délivre un titre de propriété après 65 ans d’occupation d’une terre par sa famille, et faute de contestations. Autre demande : que le Pays retire le titre de domaine de la Polynésie française par défaut aux terres concernées par l’indivision.

Sollicitée, la Direction des Affaires foncières n’a pas souhaité répondre sur ce cas.

Cette Mangarévienne, elle, envisage de se constituer en association avec les autres habitants concernés pour défendre leurs droits.

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