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Climat : les petits États insulaires veulent taxer les supermajors

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Le Premier ministre d'Antigua-et-Barbuda a demandé mardi, au nom des petits États insulaires, une taxe mondiale sur les bénéfices des entreprises pétrolières et gazières pour financer le dédommagement des pays du Sud frappés par les catastrophes climatiques.

Publié le 08/11/2022 à 9:59 - Mise à jour le 08/11/2022 à 9:59
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Le Premier ministre d'Antigua-et-Barbuda a demandé mardi, au nom des petits États insulaires, une taxe mondiale sur les bénéfices des entreprises pétrolières et gazières pour financer le dédommagement des pays du Sud frappés par les catastrophes climatiques.

Il a également estimé que les grand pays émergents émetteurs de gaz à effet de serre, Chine et Inde, devraient abonder un fonds dédié à cette question, que réclament les pays vulnérables, au nom du principe pollueur-payeur. “Au premier semestre de cette année, six entreprises des énergies fossiles ont gagné plus d’argent que nécessaire pour couvrir les coûts des dégâts climatiques majeurs dans les pays en développement, avec près de 70 milliards de dollars de bénéfices”, a lancé Gaston Browne à la tribune de la COP27 sur le climat, qui se tient à Charm el-Cheikh, en Egypte. “Il est temps que ces entreprises paient une taxe carbone mondiale sur ces profits pour financer les pertes et préjudices”, a-t-il exigé, au nom de l’Alliance des petits États insulaires (Aosis) menacés par la montée des eaux.

Cette demande fait écho à celle du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, qui avait appelé en septembre les pays riches à “taxer les profits exceptionnels des entreprises productrices d’énergies fossiles” pour les redistribuer aux pays victimes des impacts du changement climatique et aux populations touchées par l’inflation.

La question des pertes et dommages (ou préjudices) subis par les pays du Sud, très peu responsables du réchauffement climatique mais qui en subissent cruellement les effets, a été officiellement inscrite à l’agenda de la grande réunion de l’ONU sur le climat.

“Ce n’est qu’une étape”, a prévenu Gaston Browne. “Nous devons sans équivoque établir un fonds pour les pertes et dommages à cette COP” et il ne sera “qu’un modeste gage alors que nos membres perdent jusqu’à 2% de leur PIB en un jour à cause d’un seul événement climatique”, a-t-il jugé.

Interrogé plus tard par la presse pour savoir si les grands pollueurs émergents devraient également abonder un tel fonds, M. Browne a répondu : “Bien sûr, la Chine et l’Inde sont des pollueurs majeurs, et le pollueur doit payer, je ne pense pas qu’il y ait d’exception pour aucun pays. Je ne dis pas ceci avec acrimonie, je me préoccupe juste de la réalité et de ce qui est équitable et juste”.

Il a souhaité que le fonds, qui devra être approvisionné en “milliards”, puisse être “en place à la prochaine COP (en 2023) et pleinement opérationnel d’ici à 2024”. Il a également précisé qu’Aosis ne souhaitait pas que le fonds soit “rétroactif (…) ce qui serait au-delà des moyens de quasiment toutes les nations, même ensemble”.

Dans son intervention publique devant la conférence, il avait en revanche annoncé la création d’une “commission” enregistrée auprès de l’ONU et composée de petits États insulaires afin “d’explorer la responsabilité de certains États pour les blessures causées par leurs actions climatiques et les manquements à leurs obligations”.

Les Tuvalu ont de leur côté réclamé mardi l’adoption d’un “traité de non-prolifération des carburants fossiles”. 

Le petit archipel a ainsi rejoint le Vanuatu, autre nation du Pacifique, dans son voeu de créer un mécanisme pour réguler la production des énergies fossiles et préparer le passage aux renouvelables.

“Les mers se réchauffent et commencent à engloutir nos terres, centimètre par centimètre. Mais l’addiction du monde au pétrole, au gaz et au charbon ne noiera pas nos rêves sous les vagues”, a lancé le Premier ministre des Tuvalu, Kausea Natano.