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Nucléaire : le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives réagit à la parution du livre Toxique

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À son tour le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) réagit à la publication de l'enquête sur les essais nucléaires en Polynésie.

Publié le 13/03/2021 à 9:54 - Mise à jour le 13/03/2021 à 10:00
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À son tour le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) réagit à la publication de l'enquête sur les essais nucléaires en Polynésie.

Dans son communiqué, le CEA explique qu’il souhaite apporter son « éclairage » à la publication.

« En 2006, le ministère de la Défense a publié « La dimension radiologique des essais nucléaires français en Polynésie – A l’épreuve des faits », dont les résultats reposent sur des études réalisées par des experts du CEA.
La méthode de calcul utilisée par le CEA et présentée dans l’ouvrage de référence de 2006 a été analysée par des experts internationaux mandatés par l’AIEA (« Rapport sur l’examen par des experts internationaux de l’exposition du public aux radiations en Polynésie française suite aux essais atmosphériques nucléaires français », AIEA, septembre 2009 – juillet 2010). La méthode et les résultats du CEA ont été validés. Les experts ont conclu : « l’exposition réelle est probablement inférieure à celle publiée dans le livre du ministère de la défense » », souligne le CEA, rappelant par ailleurs « que des documents de synthèse sur les retombées des essais nucléaires français en Polynésie, comprenant des éléments scientifiques et techniques des experts du CEA, ont été publiés dès 1998. En effet, à l’issue de la
dernière campagne d’expérimentations nucléaires qui s’est achevée en 1996, la politique de transparence décidée par le Président de la République s’est traduite par la réalisation et la publication d’études internationales sur l’évaluation des effets des expérimentations sur l’environnement et les populations.

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Le CEA revient ensuite sur les données du livre Toxique. Il pointe le manque de détails : « Les calculs de doses réalisés par les auteurs de Toxique (cf. chapitre 2), qui conduisent à des impacts plus élevés que ceux présentés dans le rapport de 2006 utilisent, comme le CEA, des données brutes de contamination des aliments, du sol, de l’eau ou de l’air, recueillies entre 1966 et 1974 par le Service Mixte de Sécurité Radiologique (SMSR) et le Service Mixte de Contrôle Biologique (SMCB).
Les méthodes utilisées et les hypothèses retenues dans les calculs menés par les auteurs de Toxique ne sont pas données en détail dans ce livre, qui fait référence à des publications à paraître sur lesquelles se basent les conclusions des auteurs. En
particulier, il manque des précisions sur les données d’entrée retenues par les auteurs sur les temps de présence des populations à l’extérieur, sur la radioactivité ajoutée dans les aliments, sur les rations alimentaires…, ce qui ne permet pas au CEA d’expliquer à ce jour les différences entre les résultats cités dans Toxique et ceux du CEA sur les doses de radioactivité auxquelles les habitants de Polynésie française ont été exposés après les essais nucléaires.

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Toutefois, à ce stade, le CEA a pu faire une première analyse des affirmations qui ont fait l’objet des articles « Essais nucléaires : révélations sur une épidémie de cancers » et « La contamination cachée de Tahiti », publiés le 9 mars 2021 par Disclose, annonçant certains résultats de l’enquête du livre Toxique avant sa parution.
L’analyse de ces articles montre que, si des différences existent entre les mesures utilisées par leurs auteurs et par le CEA, ces différences n’induiraient pas de modification significative des doses auxquelles la population de Polynésie française a été exposée.

Les eaux analysées étaient représentatives des eaux consommées

Ainsi, dans l’article « Essais nucléaires : révélations sur une épidémie de cancers », contrairement à ce qu’affirment les auteurs de Toxique, pour calculer la dose à la thyroïde par ingestion d’eau reçue par la population des îles Gambier suite à l’essai Aldébaran, le CEA a utilisé des mesures issues de prélèvements d’eau de boisson dont l’origine était diverse. En effet, comme l’indique le rapport de l’Office de la
Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer (ORSTOM) de 1966 dont le CEA avait connaissance : « la population utilise pour ses besoins divers des eaux de toutes origines : l’eau de pluie, l’eau d’écoulement superficiel, l’eau de source et l’eau des
nappes côtières ». La contribution de l’eau de pluie dans l’eau de boisson prélevée n’a donc pas été exclue par le CEA pour faire ses calculs. Les eaux analysées étaient représentatives des eaux consommées », assure le CEA.

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« Dans l’article « La contamination cachée de Tahiti », les auteurs s’intéressent à l’impact de l’essai Centaure. La valeur du dépôt au sol à Mahina prise par le CEA est issue d’une mise à jour des premières mesures présentées dans le document déclassifié qu’ont utilisé les auteurs de Toxique, correspondant à une baisse de 36%.
Quoi qu’il en soit, sur la population de Pirae, enfant comme adulte, une augmentation de 36% de la valeur des dépôts prise en compte par le CEA ne modifierait pas les valeurs de doses efficaces totales reçues par cette population, présentée dans le rapport de 2006. En effet, dans ce cas, la dose externe due au dépôt n’a qu’une contribution mineure à la dose efficace totale par rapport à celle due à l’ingestion. »

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