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Éducation : des résultats inquiétants en Polynésie, des assises pour trouver des solutions

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Dès la semaine prochaine, les premières assises de l’école organisées par le ministère de l’éducation auront lieu. Elles réuniront les protagonistes de l’éducation autour du thème de “l’école polynésienne de demain”. Avant même qu’elles aient commencé, l’annonce des résultats des élèves polynésiens aux évaluations nationales interpelle… car ils se veulent préoccupants.

Publié le 04/05/2022 à 12:40 - Mise à jour le 04/05/2022 à 15:51
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Dès la semaine prochaine, les premières assises de l’école organisées par le ministère de l’éducation auront lieu. Elles réuniront les protagonistes de l’éducation autour du thème de “l’école polynésienne de demain”. Avant même qu’elles aient commencé, l’annonce des résultats des élèves polynésiens aux évaluations nationales interpelle… car ils se veulent préoccupants.

Jusqu’à 17 points d’écart avec la métropole pour l’évaluation de français chez les CE1, 2 à 11 points de moins en mathématiques et des résultats en dessous de la moyenne métropolitaine, avec au moins un tiers des élèves qui ont des fragilités dans les deux matières en 6e. Ce sont les constats tirés des résultats aux évaluations nationales annoncés par la DGEE.

Même si les résultats en maternelle se veulent satisfaisants, le secteur de l’éducation s’alarme en constatant des écarts d’apprentissage avec la métropole qui se creusent dès milieu CP pour les élèves Polynésiens.

Le 20 avril dernier, la commune de Mahina a lancé une réflexion collective. “En tant que maire, on ne peut pas ne pas s’interpeller face aux résultats des écoles de sa commune”, estime le maire Damas Teuira. La réflexion a été menée à l’échelle de toute la circonscription sous la direction de l’inspecteur et enseignant, Moana Greig, avec une première phase de préparation qui s’est tenue in situ dans quelques écoles afin de mobiliser les enseignants et tous ceux concernés par l’éducation. 

Pour Moana Greig, “le système éducatif en Polynésie demande à prendre en considération l’évolution de la société polynésienne pour adapter l’école : c’est dans cette optique que l’on souhaite orienter les assises“.

Crédit Tahiti Nui Télévision

Les premières assises de l’école qui démarrent la semaine prochaine, aborderont la thématique des rythmes scolaires, celle de la scolarisation en maternelle, de l’organisation du personnel enseignant et encadrant, et celle du rôle et des missions des directeurs. Le but : réunir les équipes pédagogiques et le personnel de l’éducation pour essayer de trouver des réponses plus adaptées à l’enseignement en Polynésie. 

Les résultats aux évaluations nationales révèlent des fragilités dans les matières fondamentales qui permettent pourtant l’acquisition de compétences clés au parcours de l’enfant. 

“Une part d’élèves polynésiens rencontre encore beaucoup de difficultés concernant la compréhension de l’écrit, la lecture, ou encore la résolution de problèmes”, s’inquiète le directeur de la DGEE, Eric Tournier. 

Par ailleurs, le taux d’absentéisme est doublé sur le territoire comparé à la moyenne nationale. Néanmoins les protagonistes le rappellent, le système éducatif actuel dépend de nombre de facteurs de réussite, et un comparatif strict avec la métropole n’est pas souhaitable lorsque l’on prend en compte les réalités polynésiennes, avec les problèmes de transport, la fatigue, les difficultés à la maison, ou encore les éloignements familiaux précoces pour les enfants des îles.

Au niveau des rythmes scolaires, on s’interroge sur comment mieux les répartir : “les cours commencent très tôt, les matinées sont longues”, explique Eric Tournier. “Les horaires d’école sont particulièrement exigeants pour les élèves qui doivent suivre des cours de 4 heures dès tôt le matin, la capacité d’apprentissage est forcément impactée”, ajoute-t-il. 

Pour le tavana Damas Teuira, les rythmes scolaires de la commune de Mahina n’ont pas à bouger, même s’il évoque l’allongement de la pause méridienne dans les écoles pour atteindre une durée d’1h30 à minima, déjà effective depuis la rentrée 2013 en métropole. En parallèle, des questions se posent au sujet du personnel encadrant complémentaire, avec les « taties » mobilisées par la commune, qui s’occupent des tout-petits mais qui ne possèdent toujours pas de statut pour leur rang d’activités. 

À noter : parmi les grands axes de réflexion, la pédagogie n’est pas encore abordée.

D’abord tenues dans les établissements scolaires des archipels éloignés, le mercredi 11 mai pour les archipels des Australes et des Tuamotu-Gambiers, puis le jeudi 12 mai pour les Marquises, les assises de l’école se termineront par l’archipel de la société le 1er juin. Une dernière session aura lieu le 10 juin pour réfléchir aux propositions de chacun, car “tout le monde est sollicité”, rappelle Eric Tournier. 

Ces assises permettront de s’accorder autour de réformes à présenter au conseil des ministres, pour des textes qui seront appliqués dès la rentrée d’août 2023. 

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