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Air Moorea : prison et interdictions définitives d’exercer requises

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Publié le 23/10/2018 à 15:38 - Mise à jour le 23/10/2018 à 15:38
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Tout de blanc vêtus, comme au premier jour du procès, les proches des 20 victimes du crash du 9 aout 2007 sont arrivés comme un seul homme, ce mercredi au tribunal correctionnel de Papeete, pour entendre les plaidoiries de leurs avocats mais aussi les réquisitions du procureur de la République.
 
Après avoir rendu hommage au pilote, « qui a tenté de sauver sa vie et celle de ses passagers », a-t-il dit, José Thorel a martelé que les expertises judiciaires concluaient bien à la rupture du câble comme cause du crash. Puis le magistrat a égrainé durant plus d’une heure les fautes imputables selon lui aux huit prévenus. Notamment d’avoir omis de vérifier la durée de vie limite du câble, dépassée de plusieurs mois, mais aussi de ne pas avoir adapté la maintenance de l’avion aux conditions météo polynésiennes et aux fortes contraintes auxquelles il était soumis.
 
En raison de quoi le procureur a estimé que l’ensemble des mis en cause étaient coupables d’homicides involontaires. Il a requis à l’encontre de l’ancien directeur de l’Aviation civile, mais aussi de l’ex-représentant du Groupement pour la sécurité de l’aviation civile et de l’ancien directeur général d’Air Moorea : 3 ans de prison dont une année avec sursis, 2,4 millions de Fcfp d’amende et une interdiction d’exercer à vie.
 
Pour les autres prévenus, il a demandé des peines allant de deux à trois ans de détention, entièrement assorties du sursis, mais aussi des interdictions d’exercer définitives. Enfin, il a requis contre la société Air Moorea une amende de 24 millions de Fcfp.
 
Avant le procureur, les avocats des parties civiles avaient livré leurs plaidoiries, dans lesquelles ils fustigeaient également les prévenus. Ils ont demandé au tribunal de prononcer des peines de nature à « rassurer » la population. « Aujourd’hui vous n’avez qu’une compagnie aérienne, a déclaré Me Rosenthal, l’avocat de proches des victimes, à l’issue des débats. Sa filiale Air Moorea, qui est vouée à disparaître, n’était pas aux normes en termes de maintenance, c’est en tout cas ce que les débats ont montré. Et aujourd’hui, il faut rassurer les gens. On ne peut pas faire voler des avions sans être un minimum précautionneux en ce qui concerne la maintenance… »
 
Ce jeudi, ce sera au tour des avocats de la défense de plaider. Le délibéré ne devrait pas être rendu avant plusieurs semaines.
 

Rédaction Web avec Jean-Baptiste Calvas et Sam Teinaore
 

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