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Référendum: victoire étriquée d’Erdogan, l’opposition conteste

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Publié le 15/04/2017 à 10:49 - Mise à jour le 15/04/2017 à 10:49
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M. Erdogan, 63 ans, recherchait un plébiscite. Toutefois, selon les résultats diffusés par l’agence de presse progouvernementale Anadolu, le “oui” n’a recueilli que 51,37% des suffrages dimanche après dépouillement des bulletins dans 99,45% des urnes.

Le chef du Haut-Conseil électoral (YSK) a confirmé la victoire du “oui”, précisant qu’il devançait le “non” de quelque 1,25 million de voix, avec seulement 600.000 bulletins de vote qui restent à dépouiller. Quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à voter.

Dans un discours télévisé, le chef de l’Etat a salué une “décision historique” du peuple turc et appelé les pays étrangers à “respecter” le résultat du scrutin.

Peu après, il a évoqué la possibilité d’organiser un nouveau référendum, cette fois-ci sur le rétablissement de la peine capitale, une initiative qui sonnerait le glas du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE).

Réagissant à la courte victoire du oui, l’UE a pressé la Turquie de chercher un “consensus national”. Une crise diplomatique avait opposé Ankara à plusieurs pays de l’UE, notamment l’Allemagne et les Pays-Bas, après l’interdiction de meeting de soutien à M. Erdogan sur leur sol pendant la campagne.

Les deux principaux partis d’opposition, le CHP et le HDP (prokurde), ont dénoncé des “manipulations” au cours du référendum et annoncé qu’ils feraient appel du résultat. Ils fustigent notamment une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral  considérant comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l’urne. Cette mesure a “rendu sujet à débat la légitimité du référendum”, et “jeté une ombre sur la décision de la nation”, a affirmé le chef du CHP, Kemal Kiliçdaroglu.

Quelques milliers de manifestants contestant la victoire du “oui” ont scandé des slogans hostiles à M. Erdogan dans les quartiers de Besiktas et Kadiköy à Istanbul, selon des photographes de l’AFP. Aucun incident n’a été signalé lors de ces manifestations.

En dépit de la victoire annoncée du oui dans l’ensemble du pays, le camp du non l’a emporté dans les trois principales villes, Istanbul, Ankara et Izmir. Les régions peuplées en majorité de Kurdes du sud-est ont aussi massivement voté contre l’accroissement des prérogatives du chef de l’Etat.

“C’est une victoire pour Erdogan, mais aussi une défaite. Il a perdu Istanbul, là où il a entamé sa carrière politique” en devenant maire en 1994, a écrit sur Twitter Soner Cagaptay, analyste spécialiste de la Turquie au Washington Institute.

Venus assister à un discours du Premier ministre Binali Yildirm dans la soirée à Ankara, des partisans de l’AKP ont laissé éclater leur joie même s’ils s’attendaient à une plus large victoire du “oui”. “Ce résultat montre qu’une partie du pays ne veut pas rendre le pays plus fort et a une mentalité européenne, l’autre partie ce sont des vrais Anatoliens”, a confié l’un d’eux , Mustafa Umit Unsal.

La révision constitutionnelle prévoit en particulier l’abolition du poste de Premier ministre au profit d’un hyperprésident, alors que M. Erdogan est déjà accusé d’autoritarisme par ses détracteurs.

Avec cette victoire M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet, disposera non seulement de pouvoirs considérablement renforcés, mais pourrait en théorie rester à la tête de l’Etat jusqu’en 2029. Il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d’être élu président.

Le gouvernement présente cette révision constitutionnelle comme indispensable pour assurer la stabilité de la Turquie et lui permettre de faire face aux défis sécuritaires et économiques.

L’opposition et les ONG ont déploré une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du oui dans les rues et les médias.
La Turquie est par ailleurs sous état d’urgence depuis le putsch manqué. Quelque 47.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues de leurs fonctions. 

La sécurité a également occupé une grande place dans l’organisation du scrutin, la Turquie ayant été frappée ces derniers mois par une vague sans précédent d’attaques meurtrières liées au groupe Etat islamique (EI) et à la rébellion kurde.
 

AFP

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