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Gilets jaunes : ils étaient 84 000 manifestants ce samedi selon l’Intérieur

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Publié le 18/01/2019 à 9:34 - Mise à jour le 18/01/2019 à 9:34
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Le ministère de l’Intérieur a recensé 84 000 manifestants en France, comme samedi dernier. Ce chiffrage est chaque semaine contesté par les manifestants et certains ont mis en place leur propre système de comptage baptisé « le nombre jaune », au résultat plus élevé.
Côté forces de l’ordre, ils étaient 80 000 policiers et gendarmes en France, dont 5 000 à Paris.

A Lille, Pierre, retraité, résumait : « Ce qui est proposé n’est pas acceptable pour l’instant, le gouvernement semble ne pas comprendre ce que demandent les gilets jaunes, c’est surprenant… Il noie le poisson avec des concertations, mais on n’y croit absolument pas ».
La mobilisation a atteint un record à Toulouse, avec 10 000 manifestants selon la préfecture, loin devant la capitale (7 000) et Bordeaux (4 000), selon les autorités.
A Bordeaux, des heurts ont éclaté dans le centre-ville à la tombée de la nuit, une ville où 200 « individus radicaux » ont été recensés, selon une source policière.

Des journalistes de l’AFP ont vu de très jeunes hommes casqués, masqués, en tenue de camouflage, utiliser disqueuses et marteaux pour déterrer et transporter des pavés, se relayant pour les amener face aux forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau. La gendarmerie a déployé ses blindés à roues et les manifestants commençaient à se disperser vers 18h30.
Ailleurs, les manifestations ont parfois été émaillées d’échauffourées ou ont dégénéré lors de leur dispersion comme à Nancy, Angers, Toulon ou Rennes. 
A Toulon, des affrontements ont ainsi éclaté aux abords du stade Mayol, où le RC Toulon affrontait les Écossais d’Edimbourg en coupe d’Europe de rugby. Quatre personnes ont été interpellées et un manifestant blessé à l’œil par un lanceur de balles de défense.
A Angers, où des barricades ont été érigées, la préfecture a fait état d’une tentative d’incendie contre la Banque de France et des dégradations sur le chantier du tramway.

Pour la première fois depuis le début du mouvement social, la manifestation parisienne s’est, elle, déroulée sans débordements et avec un parcours pré-établi.
Les slogans « Macron démission » ou « Tes hauts et débats, on n’en veut pas, Macron dégage » ont donné le ton, affichant le scepticisme général vis à vis du grand débat national lancé cette semaine par le chef de l’Etat.

Réticent face à la revendication des « gilets jaunes » qui réclament partout l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), le président a défendu lors de deux déplacements cette semaine en région le grand débat, articulé autour de quatre thèmes : pouvoir d’achat, fiscalité, démocratie et environnement.

« Je veux juste plus de démocratie », « Macron, ton compte est bon », « RIC! » ont répondu les pancartes dans les rues.
Dans la capitale comme en région, la colère était toujours intacte face à la violence policière, dénoncée ses derniers jours, et à l’injustice sociale. Depuis le début du mouvement le 17 novembre, plus de 1 800 « gilets jaunes » ont été blessés, selon une source policière samedi soir.

« Stop aux massacres » affichait une pancarte à Dijon ; « Castaner le boucher, France mutilée », a crié la foule à Toulouse, visant le ministre de l’Intérieur qui a défendu vendredi l’utilisation par les forces de l’ordre du lanceur de balles de défense controversé LBD.
« Bienvenue en lacrymocratie », pouvait-on lire à Tours. A Dijon, une cinquantaine de « gilets jaunes » ont brièvement pénétré dans le périmètre de la prison pour demander la « libération de leurs camarades » arrêtés lors de précédentes mobilisations.

En fin de journée, Christophe Castaner a salué dans un tweet « l’action des forces de l’ordre à nouveau mobilisées partout en France » et a condamné « sans réserve des dégradations commises à Rennes, Bordeaux, Toulouse… et des violences à nouveau perpétrées contre des journalistes ».

Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées en France, selon les préfectures : 42 à Paris (dont 36 gardes à vue selon le parquet à l’AFP), 49 à Bordeaux, 24 à Toulouse où les façades de l’hôtel de ville ont été taguées et des vitrines d’agences bancaires détériorées. 
La mobilisation doit se poursuivre dimanche dans plusieurs villes. Des femmes « gilets jaunes » appellent à une manifestation à Paris, inspiré par l’événement pacifique qu’elles avaient déjà organisé le 6 janvier.  

AFP

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