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Retraites : les syndicats en ordre de marche contre la réforme

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C'est un mouvement de grande envergure qui se prépare à l'échelle nationale mais aussi sur le plan local. Police, éducation, aviation civile, douane ou encore finances publiques : les secteurs concernés par la réforme des retraites lancée en métropole sont nombreux ici au fenua et tous se mobilisent pour la grève prévue jeudi. La Polynésie compte plus de 10 000 fonctionnaires d'Etat. Des agents qui verront donc l'âge de leur départ à la retraite reculé à 64 ans d'ici 2030 si le texte est adopté.

Publié le 18/01/2023 à 10:00 - Mise à jour le 18/01/2023 à 15:18
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C'est un mouvement de grande envergure qui se prépare à l'échelle nationale mais aussi sur le plan local. Police, éducation, aviation civile, douane ou encore finances publiques : les secteurs concernés par la réforme des retraites lancée en métropole sont nombreux ici au fenua et tous se mobilisent pour la grève prévue jeudi. La Polynésie compte plus de 10 000 fonctionnaires d'Etat. Des agents qui verront donc l'âge de leur départ à la retraite reculé à 64 ans d'ici 2030 si le texte est adopté.

Tania Bandts-Buys et Tilda Sandford sont employées à la direction des Finances publiques. Même si elles admettent que leur poste est moins physique que celui d’un ouvrier en batiment, la perspective de totaliser 43 anuités pour partir à la retraite les inquiète. “On aspire à autre chose quand on arrive à la retraite, explique Tania. On imagine plein de choses, on a plein de projets dans la tête. Et du coup, ça remet en question parce qu’on sera plus âgés au moment de la retraite, et puis parce que j’ai des amis très proches qui ont pris leur retraite à 62 ans et qui n’en ont profité que deux ans parce que la maladie est arrivée vite .”

Pour Tilda, “certes, il n’y a peut-être pas de travail physique là où je suis, mais travailler sur l’ordinateur avec deux écrans toutes la journée, ça fatigue. Je sens qu’avec le poids de l’âge, on fatigue beaucoup plus vite.”

Au total, ce sont 10 500 fonctionnaires d’Etat qui officient en Polynésie dans des secteurs comme l’aviation civile, la police ou l’éducation. Les sept organisations qui les représentent s’unissent en intersyndicale pour exprimer leur désaccord avec une réforme qu’ils considèrent comme injuste : “Au niveau national, elle est injuste puisqu’on considère que le travailleur et la travailleuse finalement, c’est le bouc emissaire du système, qui va devoir cotiser plus longtemps et plus sous le prétexte de rééquilibrer le budget du gouvernement, estime Tiaitau Ropati, secrétaire générale de Solidaires Polynésie et douanes. (…) Au niveau local, on est touchés doublement puisque nous avons la popérisation programmée des fonctionnaires retraités de l’Etat avec la déperdition de l’ITR, et pour lequel on a le taux de remplacement à 30%. Imaginez vous avoir un salaire, et le lendemain quand vous partez à la retraite, vous n’avez que 30% à 40% de votre dernier revenu actif”.

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Jeudi en Polynésie comme en métropole, une marche de protestation sera organisée. Un mouvement de revendication qui devrait être suivi. “Nous avons déjà la remontée de plusieurs écoles avec un taux de participation à 100%. Pour le second degré, le personnel d’entretien et de restauration également suit fortement le mouvement. La scolarité sera très perturbée ce jour là“, prévoit Melba Kaua, secrétaire générale adjointe de l’Unsa éducation.

Départ du cortège jeudi à 9h30 dans la rue qui jouxte l’école To’ata à Papeete.