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« La p’tite cabine » : un dressing collaboratif au fenua

Et si vous louiez vos vêtements plutôt que de les acheter ? C’est le principe du tout nouveau concept qui débarque à Tahiti et qui existe déjà dans de nombreux pays. Le dressing collaboratif permet de faire profiter aux femmes, hommes et enfants, des vêtements qui dorment dans les armoires en les louant à petits prix. Pour le « loueur », cela permet d’avoir accès à des vêtements qui ne rentrent pas forcément dans son budget, et qu’il peut porter pour des événements ponctuels comme des mariages. Le projet était présenté aujourd’hui au public au Digital Festival Tahiti.

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Le concept de « La p’tite cabine » a été mis en place par Taharaura Buttard. Son projet avait été retenu en janvier dernier pour intégrer l’incubateur de start-up polynésiennes Pris’m qui l’a beaucoup aidé, confie la jeune femme de 28 ans : « Je finis actuellement la phase de test et j’attends d’avoir un local pour tout stocker ». Car le pour le moment, Taharaura dispose déjà de 400 articles provenant de 22 propriétaires : « Je pense que j’en ai encore 400 qui m’attendent dont la moitié sera des dons ».

« C’est parti d’un constat personnel : quand j’ai perdu mon emploi, j’avais toujours envie de m’acheter des vêtements. Je commençais à me servir dans les dressings des copines, mais on n’avait pas toujours les mêmes goûts ni la même taille. Alors je me suis dit : pourquoi je n’irai pas me servir chez d’autres gens ? Je pourrais trouver des vêtements dont j’aurai besoin et eux pourraient trouver des vêtements chez moi » explique Taharaura, qui a lancé le concept en novembre 2017. « On n’a jamais assez de place et on ne sait jamais quoi se mettre. On a énormément de vêtements qui dorment. 80% de notre temps, on ne porte que 20% de notre dressing » ajoute l’entrepreneure.

> « En Polynésie, on dépense plus en textile qu’en fruits et légumes »

Le principe de « La p’tite cabine » est simple : le propriétaire fait un état des lieux de l’article qu’il souhaite : « C’est surtout utile pour les vêtements chauds qui prennent de la place ». Le locataire intéressé en paie ensuite 30% du prix d’achat et a trois jours pour en profiter. La société de Taharaura, elle, s’occupe de l’entretien. Une consommation de la mode plus écologique : « L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. (…) La plupart du temps, les vêtements ne sont pas recyclables ». Cela permet aussi de donner une seconde vie aux vêtements achetés puis oubliés : « En Polynésie, on dépense plus en textile qu’en fruits et légumes ».

Sandra, venue au Digital Festival Tahiti pour découvrir le projet est ravie : « J’ai beaucoup de fringues dans mon armoire que je ne reporte pas toujours. Et l’idée qu’on protège l’environnement au-delà de trouver des vêtements qu’on peut louer pour moins cher ou de porter des vêtements qu’on n’oserait jamais porter est super« . Taharaura Buttard est actuellement à la recherche d’un local. Elle espère ouvrir officiellement son dressing collaboratif en début d’année prochaine.
 

Rédaction web avec Sophie Guebel et Hitiura Mervin
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