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Olivier Poivre d’Arvor : « Vous êtes victimes d’un changement climatique dont vous n’êtes pas les auteurs »

Olivier Poidre d'Arvor. Crédit Tahiti Nui Télévision

Le One Planet Summit de 2023


Il s’est entretenu avec le président du Pays, le haut-commissaire, des maires, acteurs de l’environnements, associations… Olivier Poivre d’Arvor, envoyé spécial du Président de la République, était en mission au fenua.

Au programme de ses échanges qui visent à préparer le One Planet Summit : les enjeux du secteur maritime, la protection et la connaissance de la biodiversité ainsi que les suites données au Sommet international sur les océans, le One Ocean Summit, qui s’est tenu en France en février 2022 lors duquel plus de 100 pays ont pris les engagements de Brest.

« Ce sommet est un sommet international (One Planet Summit, NDLR) qui doit permettre d’abord de réunir les chefs d’Etat et de gouvernement du Forum des iles du Pacifique, puis peut-être élargir à l’Indo-Pacifique et après à l’ensemble des îles du monde. Mais il nous paraissait vraiment important vu le territoire qui est le vôtre, que si l’événement se passe à Papeete, les cultures Marquisiennes, des Tuamotu, des Gambier, des Australes ou des îles de la Société soient représentées. Donc j’ai voulu aller voir un certains nombre de lieux qui sont malheureusement emblématiques du dérèglement climatique : je pense aux Tuamotu qui sont à la fois très dépendants du tourisme et aussi de cet élément du climat. Et aussi aller aux Marquises où c’est une autre forme de tourisme culturel, des cultures extrêmement puissantes, pour que ce sommet ne soit pas un sommet centralisé, ni parisien ni tahitien mais reflète bien la réalité régionale qui est une réalité qui passionnera l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernements du Pacifique qui seront présents. Et donc nous réfléchissons à l’éventualité de construire une pirogue. Pirogue qui pourrait être l’emblème de l’ensemble des archipels de la Polynésie française mais aussi des différents pays qui seront présents à Papeete à cette occasion là », explique Olivier Poivre d’Arvor.

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Olivier Poivre d’Arvor et le président du Pays Edouard Fritch. Crédit : présidence de la Polynésie

Le but de ce sommet : montrer que les îles, victimes du changement climatique, peuvent aussi faire émerger des solutions. Des solutions notamment en ce qui concerne l’eau potable… « Vu de Paris on ne se rend pas compte de cette question de l’eau potable. C’est essentiel. (…) C’est un sujet qui n’est pas propre à la Polynésie française. C’est un sujet qu’on retrouve dans bien des endroits et donc nous apporterons un certain nombre de solutions. (…) À côté de ce One Planet Summit, il y aura probablement un salon des technologies innovantes sur ces questions environnementales. »

Pour l’ambassadeur des Pôles et des enjeux maritimes, la région Asie-Pacifique a une importance grandissante. « Ce qui est certain c’est que je suis avec vous dans une région qui devient centrale. On a toujours eu tendance à considérer que « c’était loin ». En fait ce qui est loin c’est l’Europe. Le centre du monde se déplace vers la zone asiatique dont vous êtes une incarnation. À la fois les questions du dérèglement climatique mais aussi du dérèglement géopolitique. Les grandes tensions qui sont à prévoir et qu’on voit déjà entre Américains et Chinois, deux mondes qui s’opposent, vont évidemment impacter beaucoup cette région du monde. Même si les regards sont pour l’instant beaucoup plus tournés vers l’Europe (…) Il faut être là au rendez-vous. La Polynésie française et la France peuvent incarner une puissance d’équilibre et notamment sur ces questions climatiques et environnementales. Il y a trop de disparités. Vous êtes victimes d’un changement climatique dont vous n’êtes pas les auteurs. »

De vraies actions suivront-elles le One Planet Summit ? Pour Olivier Poivre d’Arvor, il sera en tout cas bien question d’engagements et pas seulement de longs discours : « Le One Planet Summit, ce ne sont pas des déclarations de chefs d’Etats, ce sont des chefs d’Etats qui s’engagent en même temps que des entreprises, des compagnies des grands groupes, des scientifiques, des organisations non gouvernementales et donc ce sont des financements. Donc en effet, en rassemblant les bonnes volontés des uns et des autres : la banque asiatique de développement, l’AFD, d’autres partenaires -je pense au Japon notamment- pouvoir imaginer un fonds en effet, qui puisse financer cette lutte contre le changement climatique. Aujourd’hui on construit partout des abris mais il y a aussi d’autres solutions qui existent. En Indonésie, Jakarta, la capitale, va déménager. Ce qui manque aujourd’hui probablement, c’est que chacun voit le désastre au pied de sa porte, mais le désastre est global et la solution est globale aussi. c’est parce que le Groenland qui est une ile, la plus grande au monde, fond, que vos îles, qui ne sont pas les plus grandes mais parmi les plus belles, sont touchées par le changement climatique. »

Trouver des solutions et également se positionner contre certaines pratiques. En juillet dernier à Lisbonne, lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan, le Président de la République Emmanuel Macron s’est prononcé contre l’exploitation des fonds marins. Il a déclaré qu’un cadre juridique était nécessaire pour empêcher l’exploitation minière en eaux profondes de continuer.

« La France organisera en 2025 la conférence des Nations unies (…) À cette occasion là je pense qu’il faut que ce sujet soit résolu car il y a des points de vue extrêmement différents. (…) Il faudra que la communauté internationale fasse un choix, estime Olivier Poivre d’Arvor, parce qu’aujourd’hui l’océan va mal. »

Les dates du prochain One Planet Summit ne sont pas encore connues.

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