James Heaux : « Une fois qu’on est élu, on ne regarde plus la couleur ou le ticket de vote »

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Candidat aux élections législatives dans la première circonscription pour le Rassemblement National, James Heaux était l’invité du journal de TNTV, ce mardi. L'ancien représentant du Tahoeraa Huiraatira et du Tavini Huiraatira s'est expliqué sur les raisons qui l'ont poussé à se présenter sous la bannière RN. Son pari : "offrir une alternative aux électeurs de Polynésie" face à la "bipolarisation de la vie politique entre indépendance et autonomie" .

Publié le 26/06/2024 à 9:53 - Mise à jour le 26/06/2024 à 9:56

Candidat aux élections législatives dans la première circonscription pour le Rassemblement National, James Heaux était l’invité du journal de TNTV, ce mardi. L'ancien représentant du Tahoeraa Huiraatira et du Tavini Huiraatira s'est expliqué sur les raisons qui l'ont poussé à se présenter sous la bannière RN. Son pari : "offrir une alternative aux électeurs de Polynésie" face à la "bipolarisation de la vie politique entre indépendance et autonomie" .

TNTV : Vous êtes entré en politique aux côtés du Tahoeraa Huiraatira en 2018, puis vous avez rejoint le Tavini Huiraatira en 2022. Aujourd’hui, on vous retrouve dans les rangs du Rassemblement national. Cette migration politique, comment l’expliquez-vous aux électeurs ?
James Heaux, candidat du Rassemblement National aux élections législatives dans la première circonscription : « C’est un instant T pour moi, c’est-à-dire que lorsque je me suis engagé en 2018 avec le Tahoeraa, c’était pour défendre un programme, un programme tourné vers le social. Ensuite, j’ai été exclu, vous le savez, par le président du Tahoeraa Huiraatira. Il m’a fallu rejoindre un groupe à l’Assemblée parce qu’être non inscrit, c’est ne plus disposer de crédit de fonctionnement, avoir moins de temps de parole, voire quasiment pas de temps de parole. Donc j’ai pris la décision, effectivement, d’intégrer le groupe Tavini Huiraatira à l’Assemblée pour les valeurs qu’il défendait à l’époque, c’est-à-dire la vérité, la probité, la justice et le respect. Aujourd’hui, je suis candidat pour ces élections nationales, il ne s’agit pas d’élections territoriales. Il ne faut pas se tromper. C’est pour offrir une alternative aux électeurs de Polynésie face à ce choix, cette bipolarisation de la vie politique entre indépendance et autonomie » .

TNTV : Vous parlez de défendre les valeurs. Vous-même, vous identifiez-vous aux valeurs défendues par le Rassemblement national ou pensez-vous que les Polynésiens s’identifient, se reconnaissent dans ces valeurs ?
J.H : « Quelles valeurs ? Si vous me posez la question, est-ce que je soutiens la xénophobie ou bien le racisme (…) bien sûr que ma réponse est non. Par contre, si vous me posez la question de savoir si je suis pour la pluralité démocratique, pour la justice pour tous, de tous les citoyens face à la justice, pour la liberté d’expression et d’opinion, parce que c’est ça le statut du Rassemblement national à l’article 1er, ma réponse est oui » .

TNTV : Vous parliez de la liberté d’expression. En France, justement, les syndicats des journalistes se mobilisent pour faire barrage à l’extrême droite. Rappelons que là où l’extrême droite gouverne, la liberté de la presse est attaquée. Comment vous positionnez-vous, sachant que le RN compte privatiser l’audiovisuel en tant que journaliste de la télévision publique ? Qu’en pensez-vous ?
J.H :
« Il ne faut pas mélanger les choses. C’est-à-dire que cette liberté d’expression, ce n’est pas ce qui est reproché au Rassemblement national. Ce qui est reproché à l’heure actuelle par les syndicats, c’est ce projet de privatisation du service public (…) pour ma part, étant journaliste ici en Polynésie pour le service public, si on me demande mon avis, bien sûr que je serais opposé à ce projet de fusion, parce qu’il y a une réalité en Polynésie qui n’est pas la même qu’en métropole. C’est-à-dire que pour atteindre toutes les îles des Marquises ou bien les archipels des Tuamotu, c’est important qu’il y ait cette continuité de l’information, parce que lorsqu’il s’agit d’un groupe privé, les attentes ne sont pas les mêmes. Il y a un intérêt, donc pour une entreprise privée, ce n’est pas le cas pour le service public (…) c’est un débat. On peut ne pas être d’accord sur certains sujets. Il y a discussion, on peut en parler, argumenter, contre-argumenter. Mais au final, c’est la démocratie qui prime. Si pour ce projet, la majorité décide que ce projet de privatisation se fera, moi je ferai entendre mon point de vue. Il y a une démocratie, un vote qui va se faire et il faudra le respecter » .

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TNTV : On revient un peu sur vos priorités. Vous les avez listées sur nos plateaux télévisés de nos débats. Si vous êtes élu député, la lutte contre les maladies radio-induites ou le développement de l’énergie thermique des mers, ça rejoint un peu les objectifs visés par les Verts. Pourquoi ne pas avoir rejoint un parti écologiste ?
J.H :
« Parce que les Verts sont de gauche. Ils font partie du nouveau front populaire sur l’idéologie, sur le positionnement sur l’échiquier national. On n’est pas dans la même équipe, on va dire » .

TNTV : Et quelles sont vos autres priorités ?
J.H :
« Il y a également des projets qui ne sont pas écrits noir sur blanc. Par exemple, je prends un exemple sur Moorea, où nous étions hier (…) la problématique concerne l’emploi local, également le foncier. Ils sont contre la vente des terrains aux étrangers. Mais il y a aussi le projet de lycée qui a été abandonné par le gouvernement. Pour ma part, je me positionne en faveur de ce projet parce que c’est important. Il faut rappeler qu’il y a 300 à 400 élèves du secondaire qui se lèvent à 4 heures du matin, qui doivent prendre le transport ou se faire déposer au bateau, faire la traversée dans des conditions parfois très difficiles. Donc on ne peut pas ne pas soutenir ce projet pour Montréal. Pour ma part, je défendrai auprès des instances qui reviennent de droit ce projet pour défendre cette construction de lycée à Moorea » .

TNTV : Ce projet a été arrêté par l’exécutif local, c’est donc auprès de ce dernier que vous comptez faire entendre ?
J.H : « Bien évidemment, mais pas que. Parce que moi, je considère qu’une fois qu’on est élu (…) et c’est la position que j’ai adoptée en 2018, nous sommes élus pour tous les Polynésiens. On ne regarde plus la couleur ou bien le ticket de vote qui a été mis. Le député doit avoir une posture, prendre de la hauteur pour pouvoir discuter avec l’exécutif local Tavini parce que ça n’a pas changé. Après les élections législatives, le gouvernement indépendantiste restera en place. C’est un fait. Le député ira discuter avec les deux partis, mais également avec la majorité qui se dessine en France. Et dans les sondages, c’est bien le Rassemblement national qui est en tête. Il ne faut pas oublier qu’à une époque, la Polynésie était forte, quand Gaston Flosse s’était allié avec Jacques Chirac. L’idée, c’est d’avoir des représentants, des députés dans une majorité pour porter nos projets » .

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