À la Presqu’île, des victimes de nuisances sonores appellent à l’aide

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Particulièrement sollicitée depuis quelque temps par les victimes de nuisances sonores de la Presqu’île, l’association Te Ora Hau tire à nouveau la sonnette d’alarme. Elle met en garde les autorités contre les tensions que cette situation génère. Des tensions qui peuvent virer au drame. Témoignages.

Publié le 15/04/2024 à 9:35 - Mise à jour le 15/04/2024 à 9:40

Particulièrement sollicitée depuis quelque temps par les victimes de nuisances sonores de la Presqu’île, l’association Te Ora Hau tire à nouveau la sonnette d’alarme. Elle met en garde les autorités contre les tensions que cette situation génère. Des tensions qui peuvent virer au drame. Témoignages.

Des carbass et des fêtes sauvages en bord de route, il y en a tous les week-ends dans cette zone de la Presqu’île. En face de la plage de Maui, à Toahotu, un couple de sexagénaire redoute les fins de semaine, synonymes de stress. La musique, trop forte, les oblige même à fuir leur domicile.

« Ça affecte notre santé », souffle l’épouse qui souhaite rester anonyme, « on est anxieux, irritable, et on fait des insomnies ».

Quelques centaines de mètres plus loin, une autre famille subit, elle aussi, les conséquences des vibrations émises par les carbass. « Après 22 heures, ils viennent et mettent le son à fond. On se réveille. On appelle les gendarmes et on ne dort plus », témoigne Chrystelle Bernadino, une retraitée.

« Tu te réveilles le matin de mauvaise humeur. Et c’est grave. Il y a eu un épisode en 2019 (…) C’était un dimanche. Mon mari, qui est connu pour être quelqu’un de gentil et de bienveillant, est venu 5 fois leur demander d’arrêter. Ça s’est mal passé. Ça s’est fini par un run et il y a eu une voiture en perte totale », ajoute-t-elle en précisant avoir « appelé les mutoi à 6 reprises » sans résultat.  

Dans d’autres quartiers de Vairao et de Teahupo’o, ce sont les « boombox » qui sévissent. Et leurs propriétaires s’adonnent généralement à la consommation d’alcool et de drogue sur la voie publique. Un environnement malsain.

« Je suis obligée d’enfermer mes enfants dans leurs chambres »

Une habitante

« Les enfants errent parmi cet attroupement et le lundi matin, quand on se rend au travail, on les voit hagards dans les quartiers. Et, évidemment, les enfants sont absents des bancs de l’école. Les premières victimes, ce sont eux (…) Nos enfants subissent également ces violences verbales et physiques. Je suis obligée d’enfermer mes enfants dans leurs chambres et de leur mettre des casques sur les oreilles pour qu’elles n’entendent pas ce qu’il se passe à côté », déplore une habitante.

« Il y a les cris, les bagarres. Ça vient jusque devant chez nous », renchérit une autre riveraine.

Pour Ariitea Bernadino, le vice-président de l’association Te Ora Hau, cette situation débouche effectivement sur « des violences physiques ».

L’association estime donc qu’une réflexion doit être engagée en urgence sur le sujet, afin de durcir la législation. Selon l’association, 57% des plaintes pour nuisances sonores seraient liées aux « boombox » et autres carsbass.

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