samedi 26 septembre 2020
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Teva i Tai au firmament de la joie

Teva i Tai a marqué les esprits samedi, au terme d'une soirée qui a aussi vu se produire O Punaauia en Hura ava tau et Heikura Nui en Hura tau.

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O Punaauia était aussi visiblement heureux de se produire à To’ata – Photo : Mike Leyral

Ce samedi était la seule soirée du Heiva i Tahiti 2019 à présenter trois groupes de danse. Et c’est le tout jeune groupe O Punaauia, fondé en février de cette année et mené par Edwin Bernadino, qui a eu l’honneur d’entrer en premier sur scène

Ballet aérien pour les garçons de la troupe O Punaauia – Photo : Mike Leyral

L’auteur du thème, Monoihere Harua, choisit de conter l’histoire de Hina et du premier banian. Hina bat le tapa a longueur de journée et agace Taaroa, qui envoie un messager pour la menacer, puis la frapper. Le coup la projette sur la Lune, d’où elle protège les voyageurs nocturnes.

Sur la Lune, elle trouve un banian, et fait du tapa pour les dieux avec son écorce. Un jour, elle brise une branche, qui tombe jusqu’à Raiatea. Ce sera le premier banian sur terre, et cette légende explique pourquoi le banian ne se reproduit que par bouturage.

Meilleure danseuse présentée par O Punaauia : Maniley Paie – Photo : Mike Leyral
Kevin Maruhi est le meilleur danseur proposé par O Punaauia – Photo : Mike Leyral

Malgré ses quelques mois d’existence, O Punaauia, créé à l’initiative du Tavana de la commune, montre une belle maîtrise de la scène. Avec par exemple cette Hina protectrice, dansant sur la Lune grâce à un jeu d’ombres chinoises.

Jeu d’ombres chinoise en fond de scène – Photo : Mike Leyral
Puissance pour les hommes, légèreté pour les femmes – Photo : Mike Leyral

Seuls deux groupes de chant se sont présentés samedi soir. A commencer par O Faa’a, mené par Pascal Mauahiti et son Ra’atira Adam Léon. Anniversaire oblige, le groupe commémore la rencontre entre James Cook et Tupaia, en célébrant surtout la mémoire et les connaissances du navigateur polynésien.

O Faa’a vise un prix en tarava Raromatai – Photo : Mike Leyral

Puis arrive sur scène Heikura Nui, dirigé par Iriti Hoto. Première surprise : le groupe professionnel réunit très peu d’artistes. Son orchestre, multiple lauréat du Heiva, est bien là. Mais sur scène, à peine plus d’une trentaine de danseuses, et seulement trois danseurs ! Heikura Nui va subir une pénalité de 50 points, conformément au règlement… et avec trois fois moins d’artistes que des groupes comme Hitireva, O Tahiti e ou Teva i Tai, le groupe ne peut pas prétendre jouer les premiers rôles dans ce Heiva.

Le clan marquisien de Heikura Nui – Photo : Mike Leyral

Et pourtant… Heikura Nui séduit. Une fois passée la stupeur de voir le groupe si peu fourni, on admire le reste. Une fois n’est pas coutume, les danseuses ne portent pas le même costume, mais celui de l’archipel qu’elles représentent. Et, libérées de la pression du concours, elles livrent un spectacle décomplexé et rafraîchissant.

Malgré leur faible nombre, les danseuses de Heikura Nui n’ont pas boudé leur plaisir – Photo : Mike Leyral
Heikuaoteani, meilleure danseuse de Heikura Nui – Photo : Mike Leyral

Le thème, l’héritage, manque un peu de consistance, mais il se rattrape par la poésie qu’il dégage. Ta’uru Fau papa, au firmament, guide les hommes aux quatre coins du monde, les invitant à trouver la Lumière.

Les trois courageux garçons de Heikura Nui, isolés mais vaillants – Photo : Mike Leyral

Heikura Nui ne présente pas de soliste au concours de meilleur danseur. Mais les trois seuls garçons de la troupe (contre près d’une centaine à Hitireva, par exemple) font bonne figure. Saluons leur courage !

Difficile de remplir la scène de To’ata avec moins d’une quarantaine de danseurs, mais Heikura Nui y a mis du coeur – Photo : Mike Leyral

Deuxième et dernier groupe de chant à se présenter à To’ata samedi : Tamarii Mataiea. Certains des chanteurs n’étaient pas nés à la création du groupe, en… 1978 ! Depuis 12 ans, le groupe est une machine à gagner, avec sept premiers prix en tarava Tahiti. Le thème de Mataiea cette année : les fêtes de juillet d’autrefois.

Les Tamarii Mataeia sont revenus sur scène, mais cette fois en Tarava Tahiti – Photo : Mike Leyral

Arrive en fin de soirée un concurrent très sérieux au prix Madeleine Moua : Teva i Tai, dirigé par Heimoana Metua. Le groupe participe au Hura tau depuis 2004 ; il ne l’a jamais remporté, mais a réalisé plusieurs podium. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?

Teva i Tai contemple avec passion le ciel et les étoiles – Photo : Mike Leyral

Les danseurs, eux, y croient, et le public aussi. Le groupe nous paraît être le plus applaudi depuis l’ouverture du Heiva. Il faut dire qu’il soigne ses entrées, toujours spectaculaires… quitte à passer dans les tribunes !

La joviale puissance des garçons de Teva i Tai – Photo : Mike Leyral
Moekia Temataua, meilleur danseur de Teva i Tai – Photo : Mike Leyral
Teva i Tai a proposé des mouvements inédits pour exploiter au maximum la scène de To’ata – Photo : Mike Leyral

To’ata s’est beaucoup tournée vers les étoiles samedi. Et Teva i Tai n’a pas fait exception. Steve Chailloux propose un thème à son image : subtil, profond et poétique, avec un texte qui manie l’oxymore et la parabole. Les étoiles guident les navigateurs, elles tracent aussi le chemin de la vie. Et parfois, nous sombrons « dans l’obscur scintillement du Matarii i raro, période où la famine nous frappe de son courroux mortifère ». Symbole d’une époque, « l’asphyxie d’une vie ébranlée par le désamour de nous-mêmes, façonnée par l’individualisme ». Comme Jacky Bryant avant lui, Steve Chailloux, engagé en politique, se sert de sa plume pour glisser des messages sociétaux.

Poeiti Serre, la grâce incarnée, meilleure danseuse de Teva i Tai au pied levé, un coup de coeur – Photo : Mike Leyral

Technique, chorégraphies, costumes, thème, énergie… difficile de prendre en défaut Teva i Tai cette année. Spectatrice, une danseuse d’un groupe programmé la semaine prochaine nous confiait son sentiment à l’issue de la soirée : « Ca fait peur ! »

Le costume végétal de Teva i Tai : couleur, finesse… et des heures de travail – Photo : Mike Leyral

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