Le tennis de table, une thérapie pour ralentir la maladie de Parkinson

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Selon une étude japonaise, le tennis de table peut ralentir les effets de la maladie de Parkinson. Une compétition internationale est même organisée : la World Parkinson’s Table Tennis Championships. Elle rassemble des centaines de joueurs atteints de cette pathologie. Philippe Castel y participe. Nous l’avons rencontré.

Publié le 15/10/2023 à 17:24 - Mise à jour le 16/10/2023 à 9:57

Selon une étude japonaise, le tennis de table peut ralentir les effets de la maladie de Parkinson. Une compétition internationale est même organisée : la World Parkinson’s Table Tennis Championships. Elle rassemble des centaines de joueurs atteints de cette pathologie. Philippe Castel y participe. Nous l’avons rencontré.

Les gestes amples et les yeux focalisés sur la petite balle blanche, il enchaine les coups droits et les revers à un rythme constant. Le temps de l’entrainement, la maladie de Philippe Castel devient invisible. « Au début, j’étais très raide, très peu mobile. Du coup, j’avais du mal à passer revers coup droit. (…) Et arriver à coordonner des mouvements simultanés parce qu’il faut penser à avancer, bien placer ses jambes. »

Depuis trois ans, Philippe est atteint de Parkinson, une maladie chronique neurodégénérative. Elle se manifeste chez lui par de la raideur et un manque de synchronisation. Il y a 1 an, il a décidé de dompter sa pathologie grâce au tennis de table. Sa progression physique et technique est bluffante. « Il n’avait jamais fait de ping pong auparavant, donc il n’avait aucun geste technique et au fil des entraînements, il a commencé à prendre appui sur ses jambes, gauche, droite, à faire des déplacements, raconte son entraîneur Herald Ng Fok. Et surtout, il a acquis beaucoup d’aisance et de contrôle dans son jeu. »

« Ça agit très vite sur les réflexes »

Philippe Castel

Philippe a découvert dans un reportage « qu’en Allemagne notamment, ils s’étaient penchés sur la question et que des personnes atteintes de Parkinson s’étaient tournées vers cette activité et avaient ressenti des bénéfices très rapides, un bien-être parce qu’on retrouve du lien social. Et effectivement ça agit très vite sur les réflexes. Et ça permet d’évaluer son état en fonction des difficultés. Ça permet de discuter avec les médecins, les kinés pour pouvoir travailler encore mieux sur le physique. »

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Dans le monde, près de 5 millions de personnes vivement avec la maladie de Parkinsonn incurable. Au fil des années, le patient perd peu à peu sa capacité à bouger. L’activité physique est le seul frein face à ces troubles. « Il n’y a pas de traitement pour guérir la maladie, mais on peut vivre avec et peut-être mieux qu’avant. Je me suis mis au sport, ce que je ne faisais peu avant. Dans l’adversité finalement, on a des opportunités, on fait des choses qu’on n’aurait pas fait avant ce changement de vie si je peux dire. »

Début novembre, Philippe représentera la Polynésie française aux championnats du monde de tennis de table en Grèce. Ce rendez-vous international dédié aux personnes atteintes de Parkinson attend plus 50 nations participantes. « Un double intérêt, c’est à la fois la pratique physique, (…) mais il va y avoir aussi des rencontres entre patients de différents pays, on va pouvoir échanger dessus. Il y aura des conférences aussi. Ça va permettre aussi en ayant beaucoup de personnes au même endroit, de relever des données médicales qui peuvent permettre de faire progresser le traitement ou de comprendre l’importance de l’activité physique sur la maladie. »

En France, 270 000 personnes ont cette maladie. Le fenua ne dispose pas des chiffres officiels. D’ici l’année prochaine, la fédération locale ouvrera une section sports santé pour accueillir des patients atteints de maladie chronique.

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