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Le phénix Paea renaît de ses cendres

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Douze ans de disette. Mais Paea est revenu samedi soir au sommet du rugby polynésien, après une finale de championnat gagnée au mental (20-17) face à une valeureuse équipe de Punaauia.

Publié le 07/05/2022 à 23:45 - Mise à jour le 08/05/2022 à 13:31
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Douze ans de disette. Mais Paea est revenu samedi soir au sommet du rugby polynésien, après une finale de championnat gagnée au mental (20-17) face à une valeureuse équipe de Punaauia.

Tout se joue dans la tête. Et à ce jeu-là, l’équipe de Paea Manu Ura a été la plus forte, dans le derby de la côte Ouest. Et pourtant, elle ne marque pas d’essai en première mi-temps, se contentant de répondre par des pénalités à l’essai précoce d’André Lemaire pour Punaauia. Et de résister dans ses 22 jusqu’à la pause. A ce moment-là, seul un point sépare les deux équipes (10-9 pour Punaauia) et rien n’est encore fait.

En deuxième mi-temps, les mauves de Paea, surpris par la mobilité des oranges de Punaauia, encaissent un nouvel essai (Heifara Mahuta), s’énervent, perdent un deuxième joueur sur carton jaune, jouent donc à treize… mais ne flanchent jamais. Leur puissante mêlée continue à avancer, leurs pénalités continuent à passer entre les poteaux… et même s’ils ne marquent qu’un essai (de leur intenable numéro 10 Heiarii Tetuanui, qui marque aussi tous les points au pied), ils l’emportent dans une explosion de joie.

Teariki Wong Sung, de Paea, le reconnaît : il aurait souhaité jouer le titre contre Faa’a, invaincu cette saison. Mais les verts ont été sanctionnés pour l’agression d’un arbitre et ont été écartés du championnat. Une sanction acceptée par le club : c’est symboliquement son capitaine qui a remis le trophée à Paea. Et pour la première fois depuis dix ans, le champion n’est ni Pirae ni Faa’a.

Paea retrouve donc le goût de la victoire et peut voir son avenir en mauve : son école de rugby est l’une des plus dynamiques. Les filles y sont nombreuses et leur soutien, depuis les tribunes, a contribué à la victoire de leur équipe.

L’arbitre de la finale, Philippe Zamora, s’est réjoui d’un match très fairplay, rappelant qu’il faut deux bonnes équipes pour voir une bonne finale. Ajoutons qu’il faut des arbitres, et qu’il en manque. De nouvelles formations seront proposées cette année, espérons qu’elles suscitent de nouvelles vocations !

Quant au suspens du prochain championnat, il est entièrement relancé : Paea et Punaauia voudront rester au sommet ; Pirae voudra y revenir après le titre de la deuxième division conquis ce jeudi ; Faa’a voudra faire oublier son faux-pas ; et les autres équipes, comme toute jeune JRM de Moorea, ont montré qu’elles n’étaient pas là pour faire de la figuration.