samedi 23 janvier 2021
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Henri Burns bat le champion d’Europe de K1 !

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Publié le 15/12/2017 à 12:11 - Mise à jour le 24/06/2019 à 15:54
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Trois reprises et une victoire. Henri Burns n’a pas eu froid aux gants, dans la grisaille hivernale de la banlieue lyonnaise. La palais des sports de Saint-Fons propose une « Nuit des challenges » avec des combats de full contact, de boxe thaï et de K1. Beaucoup de boxeurs locaux opposés à des champions venus d’horizons aussi divers que la Bulgarie, la Thaïlande, la Russie ou l’Ecosse.

Mais le combat d’ouverture est un affrontement entre le Français Steve Magniez, champion de France et d’Europe… et le Tahitien Henri Burns, bien moins expérimenté.

Dans le public et chez les officiels, on ne donne pas cher de la peau du Tahitien. Sa polyvalence (MMA, JJB, K1, kickboxing…) n’est pas considérée comme un atout face à un maître de la discipline.

Et pourtant… dans le vestiaire déjà, Henri Burns arbore un grand sourire. Il ne connaît pas son adversaire mais annonce déjà : « je vais le taper ! »… et en entrant sur le ring, il respire la confiance.

De son côté, Steve Maniez considère ce combat comme une préparation vers de prochains titres. Il montre du respect pour son adversaire, mais ne semble pas inquiet.

Le K1 est une discipline pieds-poings, sans coups de coude, et sans combat au sol. Henri Burns entre sérieusement dans son combat, sans se jeter tête baissée comme il le fait parfois. A plusieurs reprises, il est averti par l’arbitre, probablement pour des réflexes de saisies, acquis en MMA et en JJB.
 

Mais il domine toutes ses reprises, en enchaînant les crochets et les directs au corps ou à la tête, suivis d’un low kick dans les cuisses. Son adversaire le pousse un peu dans les cordes, mais il est plus prévisible et ses coups portent moins. Henri Burns le jette même à terre dans la deuxième reprise mais sur un mouvement litigieux en K1 : il peut alors s’inquiéter, car trois fautes peuvent conduire à la défaite, et il lui reste un round.

Le Tahitien vient à bout de la troisième reprise de trois minutes avec de nouveaux enchaînements pieds-poings rapides qui déstabilisent Steve Maniez, vaillant jusqu’au bout. Au gong, Henri Burns peut lever le poing : ses coachs et lui le savent déjà, c’est gagné.

Son nouveau mentor, Eric Favre, monte sur le ring. L’arbitre lève le poing d’Henri. Le célèbre commentateur Jean-Paul Demarcq annonce son nom : c’est fait, il a battu le champion d’Europe. Il peut brandir le drapeau de Moorea, danser le ori Tahiti devant 500 fans de boxe. « C’est un diamant, il faut le façonner » s’est félicité son nouvel entraîneur Karim Ould Mohand, qui lui conseille toutefois de se spécialiser dans une discipline. Mais Henri Burns veut rester polyvalent. Cet homme peut tout se permettre, et viser encore plus haut.
 

Mike Leyral

L’interview de Henri Burns

« J’étais content : j’ai donné tout ce que j’avais. C’est bien de terminer l’année sur une bonne note. Après les Open Paris de Ju jitsu, c’était pas prévu que je fight pour ce combat en K1. Mais je m’entraîne tous les jours. Quand je vais combattre, c’est pour mourir sur le tatami ou le ring… Si moi j’ai pu le faire, tout le monde peut le faire! y’a pas de secret, il faut s’entraîner tous les jours! » 

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