Ame Bruneau, le Marquisien qui veut devenir danseur étoile

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Il a pratiqué le lever de pierre, le football et la pétanque… mais aujourd’hui, il n’a plus qu’une seule chose en tête : la danse classique. En dépit de son gabarit, il se jette à corps perdu dans son nouveau rêve. Rencontre.

Publié le 01/04/2023 à 16:19 - Mise à jour le 03/04/2023 à 16:04

Il a pratiqué le lever de pierre, le football et la pétanque… mais aujourd’hui, il n’a plus qu’une seule chose en tête : la danse classique. En dépit de son gabarit, il se jette à corps perdu dans son nouveau rêve. Rencontre.

Il n’est jamais trop tard pour se reconvertir. C’est le message d’Amé Bruneau. Après des années de travail sur la puissance pure, il privilégie la grâce et la souplesse.

Emu par un ballet de danse, il a troqué la tenue traditionnelle des Tu’aro ma’ohi pour un legging et s’est inscrit à l’Académie de danse Annie Fayn. Finies les pompes et les tractions, place au gainage et aux assouplissements. Avec ses 115 kilos, le danseur a conservé sa puissance, mais doit étirer chaque muscle de son corps.

« J’étais toujours dans les sports de force, ou le foot, mais au fond j’ai toujours ressenti une part de moi qui voulait changer » confie Ame. « J’essayais de chercher une voie dans ce milieu-là, et puis en voyant le ballet du Lac des Cygnes, ça m’a ouvert un côté de moi : je me suis dit ‘voilà, c’est ce que je veux’. J’ai toujours voulu faire de la danse et là je l’ai vraiment senti. Je me suis inscrit, et mon objectif c’est d’être danseur professionnel, de faire carrière ».

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Il pourrait ainsi devenir le premier danseur étoile originaire de la Terre des Hommes. Mais il ne lui est pas encore évident d’évoluer parmi des danseuses quatre fois plus légères. Dans ce monde très féminin, l’arrivée du solide marquisien est pourtant considéré comme une chance.

Ame Bruneau a déjà intégré le cours de haut niveau de l’Académie de danse Annie Fayn – Photo : Mike Leyral

« Avoir un homme puissant, qui peut nous porter à une main, ça apporte de nouvelles choses dans les chorégraphies, puisque d’habitude on ne danse qu’avec des filles »  se réjouit Alizée Conan, une danseuse aguerrie de l’Académie Annie Fayn. « On pourra reprendre des dessins animés de princesses comme Cendrillon ou la Belle et la Bête  »

« Il incarne une puissance physique hors du commun, et puis c’est un plaisir d’accueillir un garçon dans une discipline qui souffre de préjugés » confirme la professeure de danse Marion Fayn.

Entre deux étirements à la barre, Ame Bruneau confirme ces préjugés. « On considère que la danse classique est efféminée, mais je suis dedans, et c’est du travail. Je voudrais inviter d’autres Polynésiens à venir à ces cours. J’ai un gros gabarit mais ce n’est pas ça qui m’a retenu : je me suis dit ‘c’est mon rêve, j’y vais !’ »

Pour atteindre ce rêve, il lui faudra encore gagner en souplesse et en technique. Mais Ame est persévérant. Et il tient déjà l’un des rôles principaux du gala de l’Académie, ce samedi au grand théâtre. Son rêve de petit garçon est en passe de se réaliser.

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