lundi 12 avril 2021
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Une meilleure prise en charge des cancers

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En Polynésie, plus de 1000 patients atteints de cancer sont traités chaque année au centre hospitalier de Taaone. Un chiffre en constante augmentation en raison du vieillissement de la population et de dépistages plus fréquents. La prise en charge est cependant, plus performante et bientôt il ne sera plus nécessaire de faire évacuer les malades adultes vers la métropole. Un gain de temps non négligeable et un soulagement pour les patients réticents à quitter le fenua.

Publié le 28/03/2021 à 9:24 - Mise à jour le 27/03/2021 à 19:24
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En Polynésie, plus de 1000 patients atteints de cancer sont traités chaque année au centre hospitalier de Taaone. Un chiffre en constante augmentation en raison du vieillissement de la population et de dépistages plus fréquents. La prise en charge est cependant, plus performante et bientôt il ne sera plus nécessaire de faire évacuer les malades adultes vers la métropole. Un gain de temps non négligeable et un soulagement pour les patients réticents à quitter le fenua.

Á Pirae, au Centre hospitalier de la Polynésie, plus de 700 patients sont traités par radiothérapie et 500 par chimiothérapie. Des techniques de traitement que le personnel soignant de l’hôpital est apte à prodiguer à la majorité des malades atteints de cancer. Exception faite des enfants qui sont exclusivement soignés en métropole: « les cancers de l’enfant sont des cancers très particuliers qui nécessitent une prise en charge en centre expert » précise le docteur Pierre Gustin, oncologue radiothérapeute.

« Nous disposons de deux accélérateurs linéaires d’énergie. Un accélérateur, c’est un canon à électron qui va produire un faisceau de rayon X qui va venir se focaliser sur la tumeur. » Des moyens matériels et humains qui permettent une prise en charge suffisante pour limiter le nombre d’évasans, augmentant ainsi les chances de guérison: « Auparavant ces patients étaient évasanés, et on savait qu’on avait un certains nombre de refus de traitement du fait de l’évasan. Mais également, on améliore grandement la qualité globale des traitements avec ces améliorations technologiques. On diminue les toxicités notamment, rapides de la radiothérapie, avec des traitements qui sont plus ciblés. »

Le cancer colorectal et celui de la prostate sont les plus fréquents chez les hommes. Pour les femmes, c’est le cancer du sein qui prédomine. Une pathologie qui représente 56% des cancers recensés en Polynésie. En métropole 9 cas sur 10 sont soigné contre 6 en Polynésie. Le dépistage trop tardif explique cette différence:  » il y a 50 ans, on guérissait 30% des cancers du sein, maintenant on en est à 90%, grâce à quoi ? Et bien grâce au fait que l’on peut trouver les cancers petits. Plus le cancer est petit quand on le trouve, c’est à dire quand on le dépiste, plus il est facile à guérir et moins il coûte cher  » explique le docteur Pierre Catteau, radiologue.

Dans les prochains mois, une autre technique devrait voir le jour au fenua. La curiethérapie, un traitement plus rapide et ciblé des cellules cancérigènes. La curiethérapie est une technique d’irradiation qui consiste à mettre les sources radioactives au contact ou à l’intérieur même de la tumeur. La curiethérapie est particulièrement utilisée pour le traitement des cancers gynécologiques, de la prostate ou ORL. Elle permet également de réduire les effets secondaires. Jusqu’ici les polynésiens qui devaient suivre un traitement par curiethérapie étaient en partie soignés à l’hôpital Gustave Roussy, le centre régional de lutte contre le cancer situé à Villejuif, en France.

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