Fini la bicyclette aujourd’hui, les Polynésiens pédalent sans se fatiguer, grâce au vélo à assistance électrique. Un dispositif qui permet de gravir des côtes comme si on roulait sur du plat. « À la base, c’était plus du loisir, et on se rend compte que les personnes prennent de plus en plus le vélo à assistance électrique et s’en servent pour aller travailler. On n’a pas d’essence à mettre, pas de révision onéreuse à faire donc on peut se déplacer pour aller travailler à moindre coût », explique Mehdi Gabrillargues, gérant de E-Bike Polynesia.

Cette boutique du quartier du commerce s’est spécialisée dans les vélos à assistance électrique. En un an, il s’en est déjà vendu plus d’un millier. « Ce n’est pas un scooter. Si tu ne pédales pas, ça n’avance pas. Il n’y a pas d’accélérateur. Ça reste un vélo à assistance électrique. Tous les moteurs ont la même puissance, la même norme qui est de 25km/h où le moteur se coupe. » 

Le vélo tout électrique

Mais un autre type de vélo a fait son apparition sur le marché : le vélo tout électrique, qui lui, peut rouler sans pédalage. Dans certains magasins, on en trouve à moins de 100 000 Fcfp. « Il monte à 45 km/h pour une autonomie de 25 à 30 kilomètres (…) sans pédaler. »  Leur présence sur les routes inquiète de plus en plus les usagers. Un moniteur d’auto-école a recensé de nombreux cas de conduite dangereuse : « Ils nous coupent parfois la route, ils ne regardent pas s’il y a des voitures insérées et puis ils n’ont pas de protection. Par exemple, un scooter roule à 45 km/h : il a un casque, des gants, des chaussures fermées et il y a des vélos qui roulent maintenant à presque 50 km/h et ils n’ont aucun équipement. Ils deviennent dangereux pour eux. »  

Pour rappel, d’après le code de la route, seuls les véhicules dont le moteur se coupe à 25km/h sont considérés comme des vélos classiques, les autres qui vont au-delà sont donc considérés comme des cyclomoteurs. « Pour pouvoir circuler en tant que cyclomoteur, c’est comme une petite mobylette ou un scooter 50cm3, ça doit respecter le code de la route de la Polynésie française. (…) Compte-tenu du danger que représente ces types de véhicules, les usagers doivent circuler avec un casque, être immatriculés, avoir une assurance du véhicule pour être protégés en cas d’accident » explique Lucien Pommiez, directeur des transports terrestres.

Et pourtant, pour les commerçants que nous avons rencontrés cette réglementation est toujours floue. Certains disent même ne pas avoir été informés et pensaient qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une assurance, un bonus pour certaines personnes qui pensaient en faire l’économie en plus de l’essence.

Mais un arrêté existe bel et bien, sauf qu’il n’est pas encore applicable en Polynésie. Et du côté des assureurs, aucun ne propose de contrat d’assurance pour ce type de transports. « Comme ces véhicules ne sont pas immatriculés, la direction des transports terrestres ne sait pas si ce type de véhicules est conforme au code de la route, car il faut vérifier l’état des freins, s’ils ont des lumières, des clignotants… etc. Donc aujourd’hui, comme on ne réceptionne pas ces véhicules, du coup ils ne peuvent pas circuler sur la route » précise Lucien Pommiez.

« Un vélo électrique a besoin d’une assurance, d’une carte grise. Mais ce sont des choses impossibles à avoir, car ce sont des vélos qui doivent avoir une norme etc. Et ça n’existe pas, donc en fait, le vélo électrique n’a clairement pas sa place, et c’est interdit de rouler avec ça sur la route, pourtant, on en voit énormément… Tout se passe bien jusqu’au jour où il y aura un accident grave » ajoute Mehdi Gabrillargues, gérant de E-Bike Polynesia

Depuis deux ans, la règlementation n’a toujours pas changé en Polynésie, mais l’administration se penche sur le sujet. Il faut s’attendre à ce qu’une nouvelle règlementation entre bientôt en vigueur.

Aujourd’hui, on estime que plus de 400 vélos tout électriques sont en circulation à Tahiti.

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