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Vidéo – GIR : des enquêteurs à la recherche de l’argent sale

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Publié le 05/09/2018 à 6:38 - Mise à jour le 05/09/2018 à 6:38
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C’est une unité particulière qui se niche dans une annexe de la caserne Bruat à Papeete. Une équipe habituellement discrète de quatre enquêteurs aux compétences à part. Son nom : le GIR, pour Groupe d’intervention régional. Sa mission : viser le porte-monnaie des trafiquants pour saisir leurs biens, acquis grâce à l’argent sale. 

A sa tête, le chef d’escadron Yann Wanson. Avec ses hommes, il recueille le maximum d’informations financières et comptables sur ses cibles. Il expose : “Nous travaillons énormément avec les banques, les administrations et les partenaires privés. Une grosse partie de nos investigations repose sur l’exploitation de fichiers administratifs ou privés pour établir le patrimoine ou train de vie de la personne sur laquelle nous travaillons.”

Détail des comptes, mouvements bancaires, dépôt de chèques ou encore versements d’espèces : tout est analysé par l’équipe du GIR. Le chef d’escadron souligne : “C’est un travail précis, minutieux et qui nécessite des compétences à la fois juridiques, comptables et financières…”

> Déceler une anomalie 

Laurent est l’un des enquêteurs de l’unité. Depuis son bureau, il passe au crible le patrimoine des suspects et observe discrètement leurs habitudes. Le professionnel indique : “Tout ce qui peut être traçable on essaie, dans la mesure du possible, d’aller le rechercher, afin de déterminer le train de vie et de le comparer avec les revenus licites de la personne. Cela doit permettre de déceler une anomalie et de confirmer qu’elle a une source de revenus illicite.”

Le GIR a participé aux enquêtes sur les principaux trafic d’ice de ces derniers mois ou années comme l’affaire Dubaquier ou, plus récemment, celle Marlier-Mai. Outre de lourdes peines de prison, la justice a prononcé la saisie de l’ensemble de leurs biens : voitures, maisons, jet-ski. Et ce, grâce au travail en amont de l’unité.

>>> Lire aussi : Procès Mai-Marlier: des peines de 12 mois avec sursis à 10 ans ferme

Pour ces enquêteurs, s’attaquer au patrimoine des trafiquants, c’est toucher leur point sensible. L’enquêteur ajoute : “C’est le nerf de la guerre. De mon point de vue, cela permet surtout d’indemniser les victimes. En dehors du trafic de stupéfiants, dans toutes les autres infractions génératrices de profits comme les escroqueries, les abus de confiance, les détournements de fonds, les abus de bien sociaux, le but est de rembourser les victimes.”

Au cœur de la brigade de Faa’a, se cache une vaste étendue protégée : le parc à scellés.  Bateaux, jet-ski et véhicules haut de gamme s’y côtoient, tous saisis par la justice. Yann Wanson décrit : “Ce sont principalement des voitures qui ont été achetées avec l’argent du crime. L’argent gagné avec le trafic de stupéfiants.”

Ces véhicules seront ensuite revendus aux enchères au profit de l’Etat. Ils peuvent aussi être réquisitionnés par les services pour accroitre les moyens des enquêteurs.

> Evolution des pratiques 

Aujourd’hui, les trafiquants polynésiens s’adaptent pour tenter de dissimuler l’étendue de leur patrimoine. Le chef d’escadron explique : “On voit des évolutions. On voit des caches parfois sophistiquées. C’est arrivé, des comptes offshores, des comptes à l’étranger, même des comptes en Bitcoin. Ça dénote une certaine évolution des pratiques et une mise à jour plutôt inquiétante.”

Les enquêteurs du GIR connaissent les ficelles. Les trafiquants qui utilisent des prête-noms pour acquérir des biens en pensant être anonymes sont vite démasqués. Laurent assure : “Quand on achète son véhicule et qu’on va le faire immatriculer aux transports terrestres, ils ne vérifient pas qui à payer le véhicule. Nous, nous allons aller vérifier qui l’a payé par exemple.”

En huit années d’existence en Polynésie, le GIR a saisi pour environ 1,5 milliard de Fcfp d’avoir criminels. Autant d’argent sale dont les trafiquants ne pourront pas profiter après leur sortie de prison.

J-B Calvas et Sam Teinaore 

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