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Une Toussaint sans chrysanthèmes ?

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Les chrysanthèmes pourraient ne pas fleurir les tombes du fenua à la prochaine Toussaint. Les horticulteurs ont encore deux semaines pour effectuer leurs commandes aux Etats-Unis. Mais sans l’assurance d’un rétablissement des liaisons aériennes, le risque est trop important.

Publié le 19/05/2020 à 14:10 - Mise à jour le 19/05/2020 à 14:11
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Les chrysanthèmes pourraient ne pas fleurir les tombes du fenua à la prochaine Toussaint. Les horticulteurs ont encore deux semaines pour effectuer leurs commandes aux Etats-Unis. Mais sans l’assurance d’un rétablissement des liaisons aériennes, le risque est trop important.

Pas de chrysanthèmes à la Toussaint. Cela pourrait être le titre d’une chanson triste. Celle de la fin d’une tradition qui date du siècle dernier. « Cela pourrait »… au conditionnel, car les deux prochaines semaines seront décisives.

Depuis 20 ans qu’elle vend des chrysanthèmes, Mareva Hapairai, horticultrice, en est bien consciente : si elle veut pouvoir planter mi-juillet, comme chaque année, elle ne doit pas tarder à passer commande aux Etats-Unis.

« J’ai deux semaines pour donner ma réponse. Maintenant tout dépend des vols. Hier soir encore je n’ai pas dormi parce que les chrysanthèmes, c’est quand même ma réserve pour payer mes travailleurs et pour mes dépenses. Ça peut m’aider pour 3 à 5 mois. »

Passer commande maintenant, sans avoir l’assurance de la réouverture des liaisons aériennes : le risque est trop élevé. D’autant plus que Mareva n’a eu aucune rentrée d’argent pendant le confinement… « J’ai peur de commander et que les plantes n’arrivent pas. Parce que même si ça n’arrive pas, tu es obligé de payer quand même. Tu places ta commande, tu payes. »

Et même en imaginant le scénario le plus optimiste, Mareva ne pourra commander qu’en petite
quantité, et réfléchir à d’autres options.

« Des amis qui font les fleurs, je les ai prévenus que ce n’est pas sûr qu’on va avoir les chrysanthèmes, alors s’il vous plaît, plantez des opuhi, des oiseaux de paradis, des œillets d’Inde. Moi je suis en train de voir ce que je peux faire et pour le moment j’ai mes anthuriums, que je pourrais peut-être vendre à la Toussaint. »

Rompre avec la tradition après tant d’années n’est pas facile, mais Mareva préfère relativiser : « Il y en a beaucoup qui ont perdu leur travail, des sociétés qui ont fait faillite… je ne suis pas à plaindre, si cette année on ne fait pas, on ne fait pas… »

Pour l’anecdote, il n’y a qu’en France où le chrysanthème est associé au deuil et à la Toussaint. On ne le sait pas forcément, mais dans le langage des fleurs, le chrysanthème symbolise… l’optimisme, et la joie.

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