Une « Job Academy » pour aider à la réinsertion professionnelle des détenus

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Des simulations d’entretiens d’embauche entre les murs de la prison. 9 détenus de Nuutania ont suivi, ces dernières semaines, le programme « Job Academy », proposé par l’association FACE Polynésie et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation. Ces volontaires en fin de peine ont pris l’exercice très au sérieux car il est destiné à préparer leur réinsertion professionnelle.

Publié le 29/08/2023 à 8:23 - Mise à jour le 29/08/2023 à 8:23

Des simulations d’entretiens d’embauche entre les murs de la prison. 9 détenus de Nuutania ont suivi, ces dernières semaines, le programme « Job Academy », proposé par l’association FACE Polynésie et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation. Ces volontaires en fin de peine ont pris l’exercice très au sérieux car il est destiné à préparer leur réinsertion professionnelle.

Rechercher un emploi ou créer une activité, ces jeunes détenus tentent d’anticiper leur sortie de prison. Pendant un mois, ils ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé pour remettre à niveau leur C.V., mais surtout faire un bilan de leurs compétences. 

« C’est une formation grâce à laquelle on a pu développer des outils nécessaires à la recherche d’un emploi, mais aussi de développer le comportement, l’attitude professionnelle pour pouvoir passer un entretien d’embauche », explique Teva Sanford, le responsable du Fare Arata’i de la Fondation agir contre l’exclusion (FACE).

Pour Sophie Nicolas, la directrice adjointe du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), cet atelier a aussi permis à certains détenus de « se confronter à des choses auxquelles ils ne se sont jamais frottés ». « Cela permet aussi, en amont de ces questions, de se dire : ‘comment je vais être perçu à l’extérieur sachant que je suis passé par le centre pénitentiaire ? Cela leur permet de travailler sur ces questions-là avant de sortir », ajoute-elle.  

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Pour les professionnels qui contribuent à cette « Job Academy », venus de l’aérien, de la banque, ou du secteur de la santé, la démarche est volontaire. La ministre de la Jeunesse et de la Prévention de la délinquance s’est elle aussi prêtée à l’exercice dû face à face.

A l’issue des entretiens, chacun apporte ses conseils. Comme Jean-Michel Ratron, le directeur d’Aéroport de Tahiti, impressionné par ses interlocuteurs.  

« Le nouveau départ, il faut le préparer » 

« Les détenus que l’on rencontre ici ont, tous, énormément de compétences et d’atouts. Ils ont, peut-être, plus de difficultés que d’autres à le mettre en avant, pour des raisons qui sont liées à leurs parcours, mais, comme le disait la ministre, on est sur un deuxième départ, un nouveau départ dans la vie. Et le nouveau départ, il faut le préparer », souligne-t-il.

Ces jeunes ont à un moment dérapé dans leur chemin de vie. La « Job Academy » est là pour les guider, mais il leur appartient de préparer leur avenir et de croire en leurs compétences. Comme ce détenu, qui souhaiterait travailler dans le secteur du tourisme une fois libre : « Mon expérience, au début, c’était dans la cuisine. J’étais cuisinier. Mais j’aimerai expérimenter le tourisme. Je parle cinq langues ».

Ce programme de l’association FACE et du SPIP a aussi pour ambition de faire du monde de l’entreprise un acteur de la prévention de la délinquance en lui permettant d’aller à la rencontre des détenus.

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