A VOIR

|

Une baisse de la délinquance et une hausse des violences intrafamiliales en Polynésie en 2020

Publié le

Ce mardi 25 janvier, le haut-commissaire de la République, Dominique Sorain, le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, et le procureur général près la Cour d’appel de Papeete, Thomas Pison, ont co-présidé la 6ème réunion du Conseil de prévention de la délinquance, à la présidence.

Publié le 25/01/2022 à 17:50 - Mise à jour le 25/01/2022 à 17:53
Lecture 4 minutes

Ce mardi 25 janvier, le haut-commissaire de la République, Dominique Sorain, le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, et le procureur général près la Cour d’appel de Papeete, Thomas Pison, ont co-présidé la 6ème réunion du Conseil de prévention de la délinquance, à la présidence.

L’heure est au bilan pour les services du Pays et de l’État à l’occasion du 6ème conseil de prévention de la délinquance, organisé ce matin. Et l’évolution des violences interfamiliales inquiète les autorités. En effet, les violences physiques non crapuleuses enregistrées en 2020 ont un taux pour 1 000 habitants de 8,13, supérieur au taux national de 5,72. Les violences sexuelles ont quant à elle un taux pour 1 000 habitants de 0,97, supérieur au taux national de 0,88. Aussi, en moyenne, près de 1 500 femmes sont victimes chaque année de violences criminelles ou délictuelles en Polynésie. Les violences physiques non crapuleuses sont principalement commises dans la sphère familiale au sens large. 77% des victimes de violences intrafamiliales sont des femmes.

“On a toujours des préoccupations très fortes, notamment sur les violences intrafamiliales, où nous sommes au-dessus de la moyenne nationale. Autant, pour tous les autres sujets, on est très au-dessous en matière de délinquance. (…) Sur les nuisances sonores, les tavana ont beaucoup insisté dessus. Cela peut être des problèmes de comportements, d’incivilités, d’agressivité… donc c’est une question de mobilisation des forces de sécurité des polices municipales, mais c’est aussi une question d’organisation au quotidien” a déclaré Dominique Sorain, haut-commissaire de la République en Polynésie française.

2020 fait cependant état d’une baisse sensible de la délinquance par rapport à 2019. La délinquance acquisitive en Polynésie est inférieure au seuil national. Le taux annuel pour 1 000 habitants des atteintes aux biens est de 12,72 faits en 2020 en Polynésie française contre 26,14 au niveau national. La Polynésie est par ailleurs préservée en matière de délinquance organisée et en
l’absence de phénomènes de vols à main armée, les atteintes aux biens étant constituées principalement de vols sans violence.

Il est à noter que les jeunes sont plus largement “représentés” dans les faits d’atteintes aux biens, où ils représentent plus d’un tiers des personnes mises en cause.

Les infractions à la législation sur les stupéfiants sont également en baisse de -8,7% par rapport à 2019. Une baisse qui
s’explique notamment par la crise sanitaire liée à la Covid-19. Si le cannabis est très répandu sur le territoire, le trafic d’ice en Polynésie devient la “colonne vertébrale de la délinquance”.

À ce jour, le taux annuel pour 1 000 habitants est de 4,62 faits en Polynésie française contre 3,55 au niveau national. Pour rappel, un plan de lutte contre l’ice a été signé en février 2021 par le haut-commissaire, le procureur général, le procureur, et le président du Pays.

4 programmes d’actions ont été validés par le Conseil de prévention de la délinquance pour :
– réduire les conduites addictives (protéger les jeunes de la consommation de stupéfiants, prévenir la consommation excessive d’alcool, mettre en œuvre le plan de lutte contre l’ice) ;
– accompagner la jeunesse pour changer les comportements (prévenir la délinquance des jeunes et lutter contre la déscolarisation et le décrochage scolaire, renforcer et développer des mesures multi-partenariales, mettre en place des actions de remobilisation citoyennes à destination des jeunes) ;
– prévenir les violences intrafamiliales et améliorer l’aide aux victimes (développer une stratégie de prévention des violences intrafamiliales adaptée au public et au territoire, améliorer la prise en charge des victimes de violences intrafamiliales) ;
– garantir la sécurité et la tranquillité publiques (lutter contre les nuisances sonores, lutter contre les chiens errants, garantir la sécurité des loisirs nautiques).