mercredi 27 octobre 2021
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Une agression filmée à la sortie des cours

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C’est un phénomène bien connu chez les jeunes : venus en bande, des collégiens en poussent d’autres à la bagarre. La scène est filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Comme mercredi dernier, à Faa’a, à la sortie du collège Henri Hiro. L'événement aurait pu tourner au drame. Visionnée par les parents de l’élève pris à partie, la vidéo a suscité de nombreuses réactions indignées.

Publié le 04/10/2021 à 18:10 - Mise à jour le 11/10/2021 à 11:39
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C’est un phénomène bien connu chez les jeunes : venus en bande, des collégiens en poussent d’autres à la bagarre. La scène est filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Comme mercredi dernier, à Faa’a, à la sortie du collège Henri Hiro. L'événement aurait pu tourner au drame. Visionnée par les parents de l’élève pris à partie, la vidéo a suscité de nombreuses réactions indignées.

Mise à jour du 11 octobre 2021

A l’issue de l’enquête préliminaire menée par les gendarmes de la brigade de Faa’a, il a été établi que les deux adolescentes ont “l’une et l’autre relevé un défi et participé volontairement à un “combat””, a indiqué le procureur de la République, Hervé Leroy, par voie de communiqué. Les deux jeunes filles ont fait l’objet d’une convocation en chambre du conseil de culpabilité pour des faits de violences aggravées. Cinq autres mineurs ont également fait l’objet d’une réponse pénale après avoir filmé et diffuser sur les réseaux sociaux les images de la rixe. Trois d’entre eux ont été convoqués en audience de chambre du conseil de culpabilité “pour complicité de violences aggravées par enregistrement d’image”. Les téléphones ont été saisis et confisqués.

Prise à partie pendant trois jours, une collégienne de 3ème ne répond pas aux menaces d’une autre élève du même établissement. Mais mercredi après-midi, à la sortie des cours, sa provocatrice l’attend avec une bande d’amis à l’entrée de la passerelle de la RDO. Un itinéraire que cette jeune fille doit emprunter tous les jours pour rentrer chez elle. Cette fois-ci, impossible d’éviter le conflit. Les deux adolescentes se battent devant une nuée de téléphones portables. Diffusée sur la toile, la vidéo a révolté la famille.

“Ca me fait vraiment très mal au cœur. Rien que le pont, quand je passe dessus. Je regarde de l’autre côté du pont, ça aurait vraiment pu mal se terminer pour ma fille, comme pour l’autre fille”, rapporte Titaina, la grande-tante de la collégienne agressée.

Sur les images qui ont fait le tour des réseaux sociaux, la dizaine des jeunes témoins de la scène n’intervient pas, bien au contraire. Dans ce règlement de compte, les deux protagonistes auraient pu passer au-dessus de la barrière de sécurité, tomber dans l’escalier ou prendre un mauvais coup. Dégoutée par la vidéo qui a circulé sur la toile, la famille de la jeune fille agressée a déposé plainte. Elle compte bien aller jusqu’au bout de la procédure.

“Quand tu vois, parmi toutes ces personnes qui ont filmé, aucune n’a porté assistance aux filles”, pointe du doigt Raiatua, la mère de la victime. “C’est ça qui me révolte. Alors qu’ils sont là pour étudier. Et en plus, ce sont des filles ! Il faut se réveiller ! On a autre chose à apprendre au lieu de se battre”.

“Tant que la justice n’aura pas fait ce qu’il se doit, pas seulement pour mon enfant, mais pour d’autres enfants. C’est ça que je veux, qu’on arrive pas à un décès. C’est dès aujourd’hui que nous, en tant que parent, il faut qu’on fasse quelque chose”, relève Titaina.

Purea Ateo, la présidente de la fédération polynésienne des associations de parents d’élèves, est en colère. Mais elle n’est pas surprise : ces violences sont monnaie courante à la sortie de ce collège. Elle interpelle les autorités : “il faut réagir, il ne faut pas que ça continue. Avec la principale, on s’est vu cet après-midi. De toute façon, tout le monde a été mis au courant à l’heure d’aujourd’hui”.

En attendant que l’enquête suive son cours, l’instigatrice de la bagarre et la propriétaire de la vidéo ont été exclues pendant une semaine.

En juin dernier, un jeune homme de 19 ans trouvait la mort au cours d’une bagarre à Vairao.

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