jeudi 29 octobre 2020
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Un yacht de luxe réparé par une jeune entreprise polynésienne

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La Polynésie est une escale incontournable pour de nombreux voiliers et yachts de luxe. Dans le Pacifique, les réparations de ces bateaux haut de gamme construits en carbone se font habituellement en Amérique du Sud ou en Nouvelle Zélande. Entre ces deux pays, la Polynésie joue sa carte avec ses compétences. Une jeune société spécialisée dans les matériaux composite s’est chargée de réparer la bôme cassée d’un voilier d’exception.

Publié le 04/07/2020 à 10:12 - Mise à jour le 04/07/2020 à 10:12
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La Polynésie est une escale incontournable pour de nombreux voiliers et yachts de luxe. Dans le Pacifique, les réparations de ces bateaux haut de gamme construits en carbone se font habituellement en Amérique du Sud ou en Nouvelle Zélande. Entre ces deux pays, la Polynésie joue sa carte avec ses compétences. Une jeune société spécialisée dans les matériaux composite s’est chargée de réparer la bôme cassée d’un voilier d’exception.

Ce superyacht construit tout en carbone était en convoyage vers la Polynésie, lorsque la bôme pièce maîtresse pour orienter la grande voile s’est cassée en deux lors d’une manœuvre, au Sud du Chili. En pleine période de crise sanitaire, impossible de faire venir un spécialiste de France pour réparer sur place. Et l’unique société spécialisée dans la construction carbone en Argentine doit rebrousser chemin. Les frontières sont fermées. « Avec des connaissances de gens spécialistes de bateau de course et du carbone, on a réussi à avoir un contact ici d’un skipper professionnel. On a discuté avec lui et il a fait un audit à Tahiti » explique Philippe Delamare, skipper.

Le skipper confie la pièce de 400 kilos a une jeune société à Tahiti. Manuarii Poulain, vainqueur de la Startup Cup l’an passé est un spécialiste des matériaux composites. Et son expertise dans le monde de l’aéronautique et la préparation de bateau de course au large répond aux attentes. La bôme a été reconstruite fibre par fibre dans un atelier à Arue.

« Il a fallu redessiner la bôme en 3D pour aller chercher les efforts, il a a fallu déterminer quelle fibre on mettait, dans quelle direction on les mettait, pour les reconstruire une par une, et finalement retrouver l’intégrité de la bôme dans sa structure, dans sa forme et dans son utilité » précise Manuarii Poulain, cofondateur de Polycore.

La société emploie de nouveaux procédés de fabrication pour concevoir des pirogues en fibre composite ou des pièces pour les poti marara. La réparation d’une bôme de cette dimension, 14 mètres de long, est une première.

Apres un mois de chantier, la bôme a retrouvé sa place sur le gréement du voilier. La manœuvre s’est faite à l’aide d’une grue et beaucoup de minutie pour la fixer dans son axe. L’équipage prendra le large d’ici peu pour hisser la grande voile et retrouver le plaisir de naviguer.

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