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Un colloque à l’UPF pour les 50 ans du Pacific Way

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Ce colloque "Pacific Way, 50 ans après" a lieu du 18 au 20 octobre, à l’université de la Polynésie française (UPF) sur le campus de Outumaoro.

Publié le 18/10/2022 à 14:13 - Mise à jour le 19/10/2022 à 13:25
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Ce colloque "Pacific Way, 50 ans après" a lieu du 18 au 20 octobre, à l’université de la Polynésie française (UPF) sur le campus de Outumaoro.

Encadré par l’UPF, son laboratoire GDI (Gouvernance et développement insulaire) et le Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie (CREDO), ce colloque veut faire le bilan des 50 ans du Pacific Way, et a pour ambition de mettre en place un réseau régional, afin de mieux identifier les difficultés, mais aussi les succès naissants des îles du Pacifique : un Observatoire dans le Pacifique des Expressions de la Démocratie / Observatory of the Pacific (Islands) Expressions of Democracy (OPED).

Historiquement, Fidji accédait à l’indépendance en 1970. C’est à ce moment que son premier dirigeant, Sir Ratu Kamisese Mara, énonça pour la première fois sa célèbre formule « Pacific Way », à la tribune des Nations-Unies. L’objectif est, selon lui, de « construire une société où des populations qui diffèrent par les races, les opinions et les cultures, peuvent vivre et travailler ensemble, au bénéfice de tous ». L’état d’esprit de cette formule met en avant le dialogue, les échanges et la recherche de consensus dans la résolution de problème.

Lors de son discours d’ouverture, le président Edouard Fritch, a souhaité souligner que les Océaniens, lors de rencontres internationales, ont une sensibilité particulière, qui diffère de celle des grands pays. En effet, « les valeurs qui lient nos communautés insulaires sont plutôt celles de Solidarité, de Cohésion, de Fraternité et de Paix » a-t-il indiqué.

Le dialogue et la recherche de consensus sont au sein des valeurs du Forum du Pacifique, dont la Polynésie fait partie. Ces valeurs permettent de se sentir plus forts à plusieurs, et d’être unis dans des pourparlers ou dans des négociations internationales. Edouard Fritch a d’ailleurs rappelé : « Encore récemment, cette pratique du consensus a pleinement joué dans l’organisation du sommet USA-Pacifique à Washington. En effet, alors que la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Nouvelle-Calédonie, Cook, Niue, la Polynésie française et le Secrétaire général du Forum n’étaient pas invités à Washington, les autres leaders membres du Forum ont spontanément exigé de l’exécutif américain d’inviter l’ensemble des 18 membres du Forum. Autrement, personne ne se rendrait à ce sommet de Washington. La Maison Blanche a accepté la condition émise par les membres du Forum. […] Nous tentons de transformer notre faiblesse apparente, provenant de notre petitesse, en opportunités et en atouts grâce à notre unité. »

Aujourd’hui, de vastes problématiques sont en discussions au sein du Forum, telles que les conséquences du changement climatique, la préservation des ressources de l’océan, la surveillance de nos Zones Economiques Exclusives (ZEE) respectives, les pathologies sanitaires communes, la production d’énergies renouvelables, le traitement des déchets, ou encore les transports internationaux régionaux.

Le président a clôturé : « En Polynésie, nous avons intégré la règle de la majorité moins bloquante que la règle du consensus, en tous les cas, plus rapide. Oui, plus vite, plus rapide. […] Grâce à l’Autonomie, nous sommes nous-mêmes. Ce cadre statutaire original respecte fondamentalement notre culture, notre identité et nos langues. De ce fait, nous nous exprimons et nous parlons à nos amis du Pacifique et au monde, avec notre âme océanienne, avec notre sensibilité, avec nos convictions. »