Un an de guerre en Ukraine : Tymofii, en Polynésie loin des siens, raconte

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Il est arrivé en Polynésie il y a 5 ans. Timothée Glukhov, français né en Ukraine, traverse la guerre de son pays d'origine contre la Russie loin des siens. Après un an de conflit, il garde la tête haute et espère toujours "pour le mieux"...sans écarter le pire.

Publié le 24/02/2023 à 15:09 - Mise à jour le 24/02/2023 à 18:35

Il est arrivé en Polynésie il y a 5 ans. Timothée Glukhov, français né en Ukraine, traverse la guerre de son pays d'origine contre la Russie loin des siens. Après un an de conflit, il garde la tête haute et espère toujours "pour le mieux"...sans écarter le pire.

Il est né et a grandi en Ukraine, qu’il a quitté il y a 10 ans, à ses 17 ans. Arrivé en Polynésie en 2018 pour saisir une opportunité professionnelle, Tymofii Glukhov, français d’origine ukrainienne, « ne savait pas que tout cela pouvait arriver« .

Cela, c’est la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui a éclaté suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022. Sur ordre de Vladimir Poutine, les militaires russes ont envahi leur voisin à partir de la Russie, de la Biélorussie et des territoires ukrainiens occupés depuis la guerre russo-ukrainienne de 2014, à savoir la Crimée et les autoproclamées républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

Aujourd’hui, après un an de conflit, la loi martiale est appliquée en Ukraine. Les hommes n’ont pas le droit de quitter le territoire. « C’est pour cela que j’ai annulé mon mariage, qui devait se dérouler en juillet dernier. On fait avec. Comme disait ma grand-mère, toutes les guerres se terminent« , souffle Timothée.

Le jeune homme se sent comme au premier jour du conflit, « toujours choqué de ce qui se passe« . Il se rappelle d’une « grosse panique » le premier jour du conflit. Il avait alors appelé ses parents pour leurs dire de se cacher, alors que les tirs de roquettes passaient au-dessus de leur maison. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme estime le nombre de civils décédés dans le conflit à plus de 7000. Beaucoup de Français que Timothée a rencontré en métropole pendant ses études hébergent des familles et envoient des dons pour ceux qui sont restés au pays.

« Je n’ai jamais senti l’Ukraine aussi unie »

Timothée Glukhov, franco-ukrainien installé à Tahiti

Il est « scotché à son téléphone« , pour prendre des nouvelles de ses proches, qui ont été épargnés. Certains d’entre eux sont partis dans les zones de combat. « Parfois, ce sont eux qui me rassurent. Ils me disent ‘t’inquiète’, comme mon frère qui poursuit ses études à distance ». Une séparation d’autant plus difficile que Tymofii n’est pas retourné en Ukraine depuis 2015. Il voulait faire venir sa famille pour un mois cet été, en attendant le mariage avec sa compagne polynésienne : « je voulais qu’ils comprennent pourquoi je suis resté. Ils supportent ma décision », glisse-t-il.

Le front est aujourd’hui ancré à l’Est du pays. Le président Ukrainien Volodymyr Zelensky, a estimé vendredi qu’une victoire face à la Russie était « inévitable« , à condition que ses partenaires occidentaux « tiennent parole et respectent les délais » concernant l’aide militaire promise, peut-on lire dans les colonnes du Monde.

Aujourd’hui, Tymofii s’arme de patience et sait qu’il lui faudra aller de l’avant. Il a vu la communauté russe organiser des événements en Polynésie pour soutenir les victimes de la guerre. Reste l’incertitude en attendant la fin du conflit : « J’espère pour le mieux, et je me prépare pour le pire« , conclut-il.

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