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Covid-19 : le secteur maritime impacté par une pénurie de capitaines

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La pandémie touche également le secteur maritime. Testés positifs à la Covid-19, plusieurs capitaines de navires sont absents. En temps normal, l’Aremiti Ferry compte 6 à 8 capitaines pour 3 navires… contre 4 aujourd’hui. Une situation qui a contraint les directions à réduire leurs rotations et mis en exergue le manque d’officiers qualifiés au fenua.

Publié le 24/08/2021 à 17:31 - Mise à jour le 24/08/2021 à 23:00
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La pandémie touche également le secteur maritime. Testés positifs à la Covid-19, plusieurs capitaines de navires sont absents. En temps normal, l’Aremiti Ferry compte 6 à 8 capitaines pour 3 navires… contre 4 aujourd’hui. Une situation qui a contraint les directions à réduire leurs rotations et mis en exergue le manque d’officiers qualifiés au fenua.

Voilà quatre ans que Tuanua Degage n’avait pas piloté un bateau de sa flotte en tant que capitaine. Un retour aux sources forcé, alors que bon nombre de ses hommes ont été diagnostiqués positifs à la Covid-19. En plus de trouver des effectifs de remplacement, le gérant n’a pas d’autre choix que de revoir les rotations à la baisse : “le variant Delta a contaminé une bonne partie des collaborateurs du groupe dont des capitaines et des mécaniciens. (…) On est aujourd’hui en équipe réduite. J’ai dû venir à bord pour piloter le bateau, pour remplacer ceux qui sont covidés. (…) Hier encore, les 2 capitaines de l’Apetahi Express ont été déclarés positifs, et donc il a fallu encore réarranger les plannings pour que des capitaines aillent sur l’Apetahi Express, et moi, j’ai été obligé de revenir sur l’Aremiti Ferry 2. (…) Généralement, dans la profession, il y a un manque de capitaines. Il n’y a pas assez de capitaines formés, et donc là, on est en train de travailler sur ce sujet-là”.

De son côté, la confédération des armateurs s’est tournée vers la flottille administrative, qui ne peut plus répondre à la demande. Alors que les officiers qualifiés se font rares sur le territoire, même les capitaines à la retraite ont été appelés en renfort. “Nous avons contacté des anciens capitaines la semaine dernière qui étaient à la retraite, et la réponse a été négative. Il y a la peur… Dans les jours qui viennent, il y aura peut-être des navires qui seront à l’arrêt ou en mode dégradé. On va avoir des cas de Covid à bord des équipages qui mettront à mal l’activité de transports maritimes vers les îles” indique Nicolas Bronstein, secrétaire général de la confédération des armateurs de Polynésie.

Et pas de doute pour la confédération, le vaccin reste aujourd’hui la meilleure solution pour sortir de la crise. Quitte à l’imposer par une loi de pays : “Nous attendons avec impatience les arrêtés d’application de la loi de pays votée vendredi. Actuellement, nous avons un taux de vaccination à bord de nos navires de 80%, mais l’obligation vaccinale finira par convaincre, entre guillemets, les derniers récalcitrants à la vaccination. Il ne faut pas oublier que nous avons une mission de service public qui est le ravitaillement des îles. Donc à nous de faire le nécessaire maintenant” déclare Nicloas Bronstein.

Le caractère inédit de cette nouvelle vague épidémique aura au moins mis en perspective la nécessité de former plus de capitaines en Polynésie qui, pour rappel, a une superficie marine de plus de 5 millions de kilomètres carrés. 

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