mardi 31 mars 2020
A VOIR

|

Taxer le sucre est-il efficace ?

Publié le

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Publié le 20/02/2020 à 11:53 - Mise à jour le 20/02/2020 à 11:53
Lecture 2 minutes

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Entre une production de boissons sucrées estimée à 16 millions de litres, et des importations à 5 millions de litres, la consommation par habitant atteint les 80 litres par an selon les calculs de la direction de la Santé. Pas étonnant que la CPS enregistre plus de 12 500 diabétiques. Omniprésent en Polynésie, et en grande quantité, le sucre présente surtout un caractère addictif au même titre que le tabac, le cannabis ou l’alcool.

« C’est une drogue dure, déclare Ingrid Boudeau, diététicienne en diabétologie au Centre hospitalier de la Polynésie française. Vous sevrez quelqu’un en sucre pendant quelques jours, je peux vous garantir que cette personne ne se sentira pas bien. Elle se sentira fatiguée, sans énergie, elle fera un manque de sucre. C’est réel. De toute façon, si vous regardez les zones cérébrales qui sont activées lorsque vous prenez une drogue, cigarette ou alcool, et si vous prenez du sucre, vous verrez que ce sont les mêmes zones. »

Instaurée depuis 2004, la taxe visait notamment les crèmes glacées et les boissons gazeuses. Revisitée l’année dernière, elle touche plus de produits et s’assoit maintenant sur des teneurs en sucre pour 100 grammes. Le système de palier applique ainsi un tarif proportionnel à la quantité :
– 40 francs entre 4 à 10 grammes,
– 60 francs entre 10 à 30 grammes,
– 90 francs entre 30 et 40 grammes,
– et 120 francs au-delà de 40 grammes.

Jugée « plus équitable », elle est d’ailleurs bien accueillie chez certains producteurs de la place qui n’ont pas voulu être filmés. Ils reconnaissent cependant être incités à revoir les formules de leurs produits.

Pour l’association des diététiciens, c’est bien, mais ça ne suffit pas. « Il faut aussi peut-être arrêter le lobby du sucre, poursuit Ingrid Boudeau. On a quand même des entreprises en Polynésie qui ne vivent quasiment que de ça, d’importation ou de fabrication de produits hyper sucrés. »

Alors que la prise de conscience fait son chemin, la demande d’accompagnement explose. Trop peu nombreux, les diététiciens du pays peinent à y répondre.

« Là on est à flux tendu au niveau de l’activité, assure Ingrid Boudeau. Le service diététique de l’hôpital a recruté énormément de diététiciennes. Pour l’instant elles ont énormément de travail sur tous les services de l’hôpital et elles n’ont pas suffisamment de temps encore, donc peut-être pas assez de ressources humaines, pour faire de l’éducation thérapeutique. Après, est-ce que c’est le rôle dans l’hôpital de faire de l’éducation thérapeutique ? Peut-être pas. Avant on avait une maison du diabétique, qui employait deux diététiciennes, maintenant on n’a plus de maison du diabétique… »

Pour Sophie Deram, spécialiste du comportement alimentaire de passage sur le territoire, le fond du problème, ce n’est pas tant le sucre que la place qu’on lui fait.  

« Ce n’est pas le sucre le méchant qu’il faut interdire, affirme-t-elle. Ce qu’il faut, c’est apprendre à vivre avec ce sucre. Mais c’est un fait que plus on est en restriction, plus on fait des régimes et plus on va vouloir manger sucré. Quand on est dans cette faim émotionnelle, ce n’est jamais des fruits ou des légumes qu’on veut, c’est toujours des aliments extrêmement énergétiques : des barres de chocolat, du sucre, des glaces, des gâteaux. »

Préconisée par le schéma de prévention de la santé, la taxation nutritionnelle devrait s’étendre également aux produits salés et riches en graisses.

infos coronavirus

Sur les traces de l’empreinte carbone

L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Taxer le sucre est-il efficace ?

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Coronavirus : le CHPF prêt à faire face

Il ne circule pas sur le territoire, mais les acteurs de santé se tiennent prêt à le recevoir. Rodé à l’exercice des épidémies, le CHPF nous a ouvert ses portes. Quel est le circuit pour un éventuel cas suspect et comment le patient est-il pris en charge si la contamination est confirmée ?

Toute l’actualité de Polynésie française et d’ailleurs en direct et en continu.

Contactez le standard
Contactez la régie pub

NEWSLETTER

Recevez l'actualité de la Polynésie, les temps forts de vos programmes et les jeux dans votre boîte mail.

CONTACTEZ LA Rédaction

Tel : +689 40 47 36 15 / Fax : +689 40 47 36 09
Numéro d’urgence : +689 87 78 14 01
Email : [email protected]

TNTV dans les îles
Tel : +689 40 60 00 75 / Fax : +689 40 60 00 76
Email : [email protected] / [email protected]

les articles de la semaine

Le collectif budgétaire spécial Covid-19 approuvé à l’unanimité

Le collectif budgétaire spécial Covid-19 a été approuvé à l’unanimité par les membres de la commission de l’économie, des finances, du budget et de la fonction publique, à l’Assemblée de la Polynésie française. Il sera examiné en session plénière de l’Assemblée ce jeudi 26 mars.

Coronavirus : plus de 450 000 cas officiellement déclarés...

Plus de 450 000 cas de nouveau coronavirus ont été officiellement déclarés dans le monde depuis le début de la pandémie, selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de sources officielles mercredi à 20H15 GMT.

Les dépenses publiques : le joker de l’économie polynésienne

Si en Europe, 25 à 30% de la production est à l’arrêt, en Polynésie près de 50% de l’économie est affecté par la crise. L’aspect positif selon les chercheurs de l’UPF, c’est que l’autre moitié de l’économie dite du "secteur non marchand" continue à percevoir des transferts de l’État et du Pays. Ainsi, deux tiers du PIB sont soutenus par des dépenses publiques, seule lueur au tableau noir.

catégories populaires

Suivez-nous

Abonnez-vous à nos réseaux sociaux

Téléchargez l’application TNTV

Flash Info COVID-19 #37 – MARDI 31 mars 13hVOIR LE LIVE
+