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Sur les traces de l’empreinte carbone

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L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Publié le 27/02/2020 à 9:47 - Mise à jour le 03/03/2020 à 16:56
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L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.


L’empreinte carbone, c’est cette trace qu’on laisse non pas sur le sol, mais sur le réchauffement climatique, via toutes les actions qui libèrent du dioxyde de carbone : le fameux CO2. Gaz le plus répondu, il est responsable de l’effet de serre à 70%. Et c’est par la combustion d’hydrocarbure qu’il se répand dans l’atmosphère. Plus on en consomme, plus l’empreinte sera importante.

Or, la Polynésie a importé 340 millions de litres de carburant en 2018, soit un taux de dépendance de 93,7%.

« En Polynésie française, la problématique va être due à l’éloignement du territoire. Donc pour faire venir que ce soit des matières premières ou des produits transformés, il va y avoir un coût de transport qui va avoir une empreinte carbone et également sur la dépendance énergétique du territoire vis-à-vis des productions fossiles qui sont un peu plus fortes par exemple que la métropole, et qui vont donc avoir un effet sur l’empreinte carbone » explique Alexandre Trouvilliez, chargé de mission Ademe.

Principal émetteur de CO2, le transport routier contribue à hauteur de 45% aux émissions du fenua, contre 6% pour le maritime et 4 pour l’aérien. Ce qui équivaut en 2018 à 3,8 tonnes de CO2 par habitant. Soit en-dessous de la moyenne nationale, et loin derrière la Nouvelle-Calédonie à 18 tonnes.

Mais ce chiffre ne comprend pour l’instant que les émissions directes, celles des pots d’échappement ou de la combustion de gazole pour l’électricité. « Cette année, à l’Observatoire, on sait juste limité au périmètre d’étude, le Scope n°1, avec les émissions directes. En 2021, on aimerait bien faire le Scope n°2, donc les émissions directes et indirectes » précise Teiki Sylvestre-Baron, responsable de l’Observatoire de l’énergie.

Le nouveau calcul tiendra ainsi compte des émissions liées à l’extraction du pétrole à l’étranger, au transport dans une usine de raffinage ou à l’acheminement jusqu’à la station-service. À cela, s’ajoute la fabrication du véhicule. Donc à moins de vivre dans une cave, vous laissez forcément une empreinte carbone. Vos objets aussi, puisqu’ils sont forcément passés par une usine. Le prochain bilan énergétique devrait déterminer avec plus de précisions les émissions par secteur d’activité des différents gaz à effet de serre. « Au vu déjà, des émissions de CO2, on peut voir que le transport est l’une des pistes que le Pays pourrait ou pourra envisager d’améliorer » ajoute Alexandre Trouvilliez.

Au rang des pistes, on retrouve l’éco-mobilité ou la mobilité durable. Soit les transports en commun, le covoiturage, le vélo ou la marche. Mais encore faut-il déployer des pistes cyclables, des rues piétonnes ou des couloirs de bus. « Le Pays a surtout lancé les dispositifs de service public pour développer les transports en commun dès le 1er janvier 2019. En parallèle, les communes ont participé en lançant des schémas directeurs pour la mobilité douce, donc les vélos. Cela va être Pirae et Papeete » nous dit Teiki Sylvestre-Baron.

Devant l’attachement des Polynésiens à leur voiture, l’effort de sensibilisation s’annonce titanesque. L’espace Info énergie y travaille, s’attaquant en priorité à la jeunesse. « On va les sensibiliser sur tout ce qui est le contexte énergétique local, donc c’est quoi les sources d’énergie qu’on utilise en Polynésie… On va parler des énergies renouvelables, des énergies fossiles, de l’impact de l’utilisation massive des énergies fossiles. Et on va enchaîner sur le réchauffement climatique, et les conséquences ici en Polynésie » déclare Julien Biarez, conseiller à l’espace Info énergie.

Et l’intervention au lycée Paul Gauguin, en cours de géographie et d’enseignement morale et civique suscite un vif intérêt chez les élèves. « C’est important que nous la jeunesse, on se rend compte de ce qu’il se passe et qu’on trouve des solutions pour l’avenir » confie une élève de Seconde.

Les solutions en question, elles commencent par des gestes simples. « Il y a en a beaucoup le matin qui prennent la voiture pour faire des petites distances, pour aller au magasin acheter la baguette le matin, au lieu d’y aller en vélo ou à pieds, si le magasin est à côté. Et est-ce qu’on a vraiment besoin d’acheter une grosse voiture quand on habite en ville et qu’on fait 5 kilomètres tous les matins ? » explique Julien Biarez.

À quelques semaines d’accueillir le président de la République au One Planet Summit, la Polynésie a tout intérêt à montrer patte verte.

REPORTAGEEsther Cuneo

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