Sucre et alcool : taxer plus pour préserver la santé, l’équation de l’OMS envisagée au fenua

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Taxer encore davantage les boissons alcoolisées et sucrées pour préserver la santé des populations. Il s’agit de la dernière recommandation émise par l’Organisation Mondiale de la Santé. Et elle n’a pas échappé aux autorités sanitaires du Pays. Car à raison de 80 litres par an et par habitant, la consommation de soda en Polynésie fait des ravages. Le gouvernement envisage de s’attaquer au problème d'ici à la fin de l’année prochaine.

Publié le 21/12/2023 à 9:40 - Mise à jour le 21/12/2023 à 9:45

Taxer encore davantage les boissons alcoolisées et sucrées pour préserver la santé des populations. Il s’agit de la dernière recommandation émise par l’Organisation Mondiale de la Santé. Et elle n’a pas échappé aux autorités sanitaires du Pays. Car à raison de 80 litres par an et par habitant, la consommation de soda en Polynésie fait des ravages. Le gouvernement envisage de s’attaquer au problème d'ici à la fin de l’année prochaine.

Augmenter les taxes sur les boissons sucrées et alcoolisées pour réduire leur consommation. C’est ce que demande l’OMS à l’ensemble des gouvernements de la planète. Cette recommandation est saluée les spécialistes.

 « Quand on augmente les taxes de ces produits qui sont addictifs, que ce soient les boissons sucrées ou alcoolisées, on réduit le nombre de consommateurs », explique le docteur Romain Bourdoncle, médecin-chef du centre de prévention et de soin des addictions. Et d’ajouter : « Ce qui est encore plus intéressant, ce sont quand ces taxes sont directement fléchées vers un fonds de prévention ou fléchées pour des actions de promotion de la santé. Taxer pour taxer, c’est bien, mais taxer pour une action de prévention, de promotion de la santé sur le long terme pour financer une meilleure santé des Polynésiens, c’est encore mieux. »

Pour lez gouvernement Brotherson, inciter aux changements de comportements grâce à la fiscalité, c’est aussi oui, comme le souligne le ministre de la Santé, Cédric Mercadal : « La taxation nous permettrait aussi de faire une politique publique fiscale dans le sens de la santé, mais elle doit être faite en concertation avec le ministère de l’Économie et avec l’ensemble des partenaires économiques, car elle ne doit pas stigmatiser nos opérateurs de production. »

60 % d’obésité chez les enfants

Actuellement, la taxation sur les boissons alcoolisées est de 120 francs par litre, à l’exception des bières (10 francs par litre). Celle concernant les boissons sucrées est proportionnelle : elle varie de 0 à 85 francs en fonction de la teneur en sucre. Cette réglementation n’a pas été modifiée depuis 2010, alors que la santé globale de la population se dégrade.

« Au niveau sanitaire, la situation du Fenua n’est pas extraordinaire avec une obésité qui avoisine 60 à 70% des personnes adultes, et 60% des enfants », constate le docteur Julien Rousseau, médecin nutritionniste de l’ARASS qui précise que ces chiffres sont en « progression ». « Elle est de l’ordre de 6% par an, ce qui est assez important en progression de l’obésité chez les adultes. Chez les enfants, ça se développe plus tardivement, mais c’est une épidémie qu’on va voir augmenter dans les années à venir », prévient-il.

Le Pays compte donc s’attaquer à ces problématiques de santé publique au plus vite. Mais une taxation supplémentaire ne suffira pas à changer la donne. « On se rend bien compte qu’on a des doses de sucres qui sont bien supérieures à la moyenne européenne. Il faudra revenir à une dose de sucre raisonnable dans nos produits et peut-être adopter, comme les Calédoniens, une réglementation qui poussera les gens à consommer moins de sucre », conclut Cédric Mercadal.

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