jeudi 26 novembre 2020
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Stocks de sang au plus bas : le CTS appelle au don

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Le docteur Julien-Joseph Broult, chef de service du centre de transfusion sanguine était notre invité au journal télévisé dimanche soir :

Publié le 26/10/2020 à 11:19 - Mise à jour le 26/10/2020 à 11:19
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Le docteur Julien-Joseph Broult, chef de service du centre de transfusion sanguine était notre invité au journal télévisé dimanche soir :

Tahiti Nui Télévision : Le nombre de cas positifs de Covid-19 ne cesse de progresser faisant craindre une saturation de l’hôpital. Vous qui y avez exercé, quelle est la situation aujourd’hui au CHPF ?
Dr. Julien-Joseph Broult, chef de service du centre de transfusion sanguine (CTS) : « Le CHPF a pris toutes ses dispositions et a créé deux structures : une structure Covid complètement isolée, et une structure non Covid qui prend en charge tous les autres malades. Et le CTS est entre les deux car il doit collecter et distribuer les produits sanguins à la ville. »

Cette crise sanitaire impacte aussi le CTS dont vous avez la charge. Pour quelle raison peinez-vous à constituer les stocks ?
« À l’instar de tous les autres centres de transfusion du monde, en France, aux USA, en Allemagne, en Europe… on est très très impacté par le Covid-19. Pourquoi ? Parce que soit les donneurs de sang ont contracté le virus soit ils ont été contact avec quelqu’un qui a eu le virus soit ils ont peur d’attraper le virus en venant donner leur sang. Je tiens à les rassurer : on ne peut pas contracter le virus Covid-19 en venant au CHPF, au CTS, donner son sang. »

On ne peut pas contracter le virus Covid-19 en venant au CHPF, au CTS, donner son sang.

Dr. Julien-Joseph Broult

Un cas positif de Covid-19 n’a pas besoin de transfusion sanguine ?
« Heureusement non. C’est une pathologie essentiellement respiratoire, et le CTS n’intervient pas pour les besoins de ces patients. »

Cette réduction du stock n’est donc pas directement liée aux malades du Covid, eux n’ont pas besoin d’être transfusés. Où en est-on des stocks actuellement ?
« Mon métier, c’est de collecter et de fournir en temps et en heure tous les produits sanguins nécessaires pour toutes les structures hospitalières du territoire. (…) Donc nous arrivons bien sûr à flux tendu à collecter suffisamment de sang, heureusement. Mais maintenant je manque de visibilité sur la situation. Avant l’épidémie, j’avais 3 semaines de visibilité, avec le Covid, j’ai 2 ou 3 jours de visibilité, donc je travaille vraiment à vue, et c’est ça qui est angoissant, fatiguant et exténuant. »

Combien de poches avez-vous besoin pour être dans une situation stable ?
« Pour travailler en sécurité, il me faut au moins 200 poches d’avance en stock, ce qui équivaut environ à 15 jours de stock. Je les ai à l’heure actuelle. Par contre, toute mon organisation, toute ma planification de collecte, a été revue à la baisse malheureusement, car nous avions l’habitude de collecter dans les établissements publics, scolaires, l’armée etc. et tous ces lieux de collecte ont été supprimés. Donc il faut maintenant travailler à d’autres pistes, et la piste principale à l’heure actuelle, c’est de prélever sur le CTS.
Et pour essayer de gérer au mieux la situation, nous avons pris attache auprès de l’Église catholique et le Père Christophe -que je remercie- nous a permis d’organiser toutes les semaines, à partir de cette semaine, du mardi au jeudi, une collecte de sang au presbytère à la cathédrale de Papeete. »

La demande est-elle constante ?
« Toujours. Les malades n’ont pas disparu. Certes, le Covid est là, c’est terrible, il impacte énormément toutes nos structures hospitalières, et met à mal tout notre personnel qui travaille à flux tendu, mais les autres malades n’ont pas disparu. La cancérologie, l’hématologie, la pédiatrie, l’obstétrique… sont toujours demandeurs de produits sanguins. Et il faut surtout que je sois au rendez-vous. Il n’est pas question de perdre un malade parce que le CTS n’a pas été au rendez-vous. (…) Il ne peut pas y avoir de structure hospitalière moderne sans un centre de transfusion opérationnel. »

Craignez-vous des jours difficiles dans les semaines et mois à venir ?
« Eh oui… Tant que l’épidémie sera présente sur notre territoire, nous allons souffrir, mais c’est notre lot quotidien. Nous allons tenir, car il faut que le CTS soit au rendez-vous. »

PRATIQUE :
Pour donner son sang, il faut être majeur de 18 à 70 ans et être en bonne santé. Après un interrogatoire effectué auprès d’un médecin, et une fois que le don est réalisé, une info post don est remise au patient. S’il présente des symptômes pouvant s’apparenter au Covid au autre (dengue, grippe, fièvre…) dans les jours suivants le don, qu’il appelle le CTS au 40.48.47.74 ou au 40.48.46.97.
Pour rappel, une femme peut donner 4 fois son sang par an et un homme 6 fois.
Plus d’informations sur la page Facebook du CTS.

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