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Revendications salariales : le Medef déplore la « surenchère électorale »

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Après la rencontre du 2 novembre entre les syndicats de salariés et le gouvernement, le Medef s’est inquiété dans un courrier au gouvernement que TNTV s'est procuré, d'une éventuelle marche arrière sur la prime du pouvoir d’achat. L’organisation patronale déplore surtout « la surenchère électorale » susceptible de perturber les négociations salariales.

Publié le 06/11/2022 à 13:06 - Mise à jour le 07/11/2022 à 10:45
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Après la rencontre du 2 novembre entre les syndicats de salariés et le gouvernement, le Medef s’est inquiété dans un courrier au gouvernement que TNTV s'est procuré, d'une éventuelle marche arrière sur la prime du pouvoir d’achat. L’organisation patronale déplore surtout « la surenchère électorale » susceptible de perturber les négociations salariales.

Inquiet de la tournure des négociations mercredi dernier entre les syndicats de salariés (CSTP/FO, CSIP, Otahi, O ‘oe to ‘oe rima) et le gouvernement, – négociations auxquelles il n’était pas convié – le Medef a adressé le lendemain un courrier alarmant au ministre de l’Economie, Yvonnick Raffin. « Il est essentiel que, contrairement à ce qui semble être fait aujourd’hui, les organisations patronales soient préalablement impliquées dans tous les choix d’orientations économiques ou de négociations sociales » écrit le président du Medef, Frédéric Dock.

Car la prime du pouvoir d’achat demandée par les patrons et adoptée en conseil des ministres le 26 octobre a concentré les inquiétudes des organisations salariales lors de la rencontre du 2 novembre à la présidence. « Avec cette prime, de toute façon, il n’y a pas de minima. Et il y a déjà des entreprises qui nous ont annoncé ne rien donner à leurs salariés. (…) Il n’y a que le SMIG qui a augmenté (…). Il faut répercuter ces hausses sur les grilles de salaires de toutes les catégories” avait défendu la secrétaire générale du syndicat Otahi, Lucie Tiffenat, à la sortie des négociations. Un blocage auquel la ministre du Travail, Virginie Bruant, ne s’attendait pas. « A priori, ça leur pose un peu des soucis dans les négociations salariales qu’ils mènent aujourd’hui » avait-elle déclaré à son tour. « Cela nous surprend un peu. On va donc s’approcher des organisations patronales pour comprendre pourquoi cette prime bloque dans les négociations, car ce n’était pas le but ».

Incertitudes économiques

Le courrier du Medef s’étonne lui aussi que les attentes des syndicats des salariés sur la réévaluation des salaires ou sur l’utilisation de la prime pouvoir d’achat soient « très au-dessus du niveau envisagé et discuté dans les rencontres sectorielles en cours ». L’organisation en profite dès lors pour rappeler le contexte économique actuel, et lister les « lourdes incertitudes » qui pèsent sur les entreprises. Comme « l’augmentation du SMIG de plus de 6,5 % en moins d’un an », « l’augmentation du coût des matières premières et de l’énergie », « la mise en place de la nouvelle taxe CPS non récupérable » « l’absence de moyen supplémentaire pour la lutte contre le travail dissimulé », « la Loi sur l’emploi local » ou encore « la contrainte des prix contrôlés sous forme de PPN comme de PGC ».

Autant d’arguments pour justifier la mise en place d’une prime plutôt que d’une hausse des salaires, susceptible de précipiter, selon le Medef, le monde économique dans un « cycle inflationniste de type Salaires/Prix ». « L’augmentation qui se répercuterait sur les prix à la consommation, préserverait provisoirement les moins de 70 000 salariés mais frapperait durablement toute le reste de la population beaucoup moins chanceuse » développe l’organisation. Ainsi « l’arbitrage, s’il doit être fait, entre réévaluation de salaire et prime pouvoir d’achat doit se faire sans aucun doute au bénéfice de ce dernier dispositif ».

“Frénésie destructive”

Enfin, le Medef alerte surtout le gouvernement sur « la surenchère électorale économiquement dangereuse émanant des élus de l’APF, pour certains de votre propre majorité ». La proposition de loi pour déplafonner la prime d’ancienneté déposée par l’élu Tapura, Angelo Frébault, également ancien secrétaire général adjoint de la CSTP/FO, avait effectivement provoqué une levée de boucliers côté patrons, inquiets de voir surgir des initiatives politiques susceptibles de perturber les négociations salariales. Une période que le Medef qualifie de « frénésie destructive » et qui, à moins d’en sortir, ne lui laissera pas « d’autres choix que de suspendre toutes négociations ».

Dimanche soir, le Medef a indiqué avoir bien été rassuré par le gouvernement qui s’engage à ne pas soutenir les propositions issues de l’assemblée.

L’interview complète de la ministre du Travail Virginie Bruant est à retrouver ci-dessous :