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Razzia sur les œufs, une protéine qui ne connaît pas la crise

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C’est une denrée qui ne connaît pas la crise. Après le riz, les pâtes, ou la farine, on assiste désormais à une ruée sur les œufs. Difficile à trouver, cette protéine ne risque pourtant pas de pénurie. Au contraire. La fermeture des hôtels, des restaurants, des cantines ou des pâtisseries a reporté l’ensemble des volumes sur les commerces et la grande distribution.

Publié le 05/04/2020 à 16:32 - Mise à jour le 05/04/2020 à 16:33
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C’est une denrée qui ne connaît pas la crise. Après le riz, les pâtes, ou la farine, on assiste désormais à une ruée sur les œufs. Difficile à trouver, cette protéine ne risque pourtant pas de pénurie. Au contraire. La fermeture des hôtels, des restaurants, des cantines ou des pâtisseries a reporté l’ensemble des volumes sur les commerces et la grande distribution.

Il faut se lever tôt pour trouver des œufs depuis quelques jours. Introuvables sur plusieurs points de vente, ils sont pourtant bien livrés tous les matins. Par soucis d’égalité, le Marché de Hamuta a pris le parti de rationner. « D’habitude on expose les oeufs, les gens se servent comme ils veulent. Ils en prennent, 4, 5 boîtes s’ils veulent. Mais là on est obligés de rationner tout le monde : c’est une douzaine par famille. Point final », déclare André Laille, gérant du marché de Hamuta.

Il se trouve que les œufs entrent dans la composition d’une infinité de recettes salées ou sucrées. Alors que le confinement s’éternise, petits et grands tuent le temps aux fourneaux.

Plus abordable que la viande ou le poisson, cette protéine présente aussi une durée de conservation supérieure : 28 jours après la date de ponte. « Le confinement fait que les gens consomment beaucoup plus d’oeufs. On est pris d’assaut par les gens qui font leurs courses. Les quantités qu’on mettait normalement dans un magasin pour la journée, en une demi-heure voire trois quart d’heure, une heure, tout est parti », nous dit Daniel Choquet, propriétaire de la SCEAP Taravao.

Les producteurs n’ont pourtant rien changé à leurs habitudes : « On a toujours la même production, on distribue toujours de la même façon, mais avec le confinement, il y a un engouement pour les oeufs et comme il y a des trous dans les magasins, les gens se ruent sur les oeufs en en prenant plusieurs douzaines. Ça ne sert à rien puisqu’il y a toujours autant d’oeufs sur le territoire. Il n’y a pas eu de baisse. il y en a même plus puisque tous les hôtels sont fermés donc tous ces oeufs se retrouvent sur le marché. »

Près de 48 millions d’œufs sont consommés chaque année en Polynésie selon le bulletin statistique agricole. Un marché alimenté principalement par la production locale qui compte plus de 60 fermes avicoles, pour un chiffre d’affaires d’environ 1 milliard.

Si le confinement devait durer 2 à 3 mois, l’importation de poussins de Nouvelle-Zélande, pourrait alors poser un problème. « Peut-être que d’ici 6 à 8 mois nous auront des problèmes parce que nous n’auront pas d’arrivage de poussins. Comme il faut 20 à 22 semaines pour faire une poule pondeuse, ça va nous faire des trous dans l’élevage. Peut-être qu’il y aura pénurie d’oeufs. »

Une semaine avant le début du confinement, les producteurs ont cependant reçu un lot qui devrait permettre d’alimenter le marché jusqu’en septembre.

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