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Rapport du CESEC : le Pays doit prendre des mesures d’urgence pour lutter contre le diabète

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Les conseillers ont examiné et adopté à l’unanimité en assemblée plénière, ce vendredi, le projet de rapport d’autosaisine du CESEC : "Le diabète : un défi vital pour la Polynésie".

Publié le 08/11/2019 à 14:35 - Mise à jour le 12/11/2019 à 9:07
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Les conseillers ont examiné et adopté à l’unanimité en assemblée plénière, ce vendredi, le projet de rapport d’autosaisine du CESEC : "Le diabète : un défi vital pour la Polynésie".

Le diabète est une maladie qui se traduit par une hyperglycémie chronique, porteuse à terme de complications sévères et invalidantes. Il présente un caractère épidémique à l’échelle mondiale et la Polynésie française fait partie des pays les plus touchés au monde. La maladie, devenue ces dernières années, la plus importante des affections de longue durée en Polynésie, touche aujourd’hui plus de 12 500 patients dont 90% sont atteints de diabète de type 2. Son développement est avant tout la conséquence d’un environnement défavorable à une bonne hygiène de vie.

Les bouleversements sociaux, culturels, politiques et économiques que la Polynésie a connus sur plusieurs décennies ont entraîné un changement dans les habitudes alimentaires et le mode de vie des populations.

En 2017, les ressortissants couverts par les 4 régimes (RGS, RNS, RSPF et RSS) sont au nombre de 269 652, ils représentent 55,31 milliards de Fcfp dépenses maladie (prestations nature). Les patients diabétiques quant à eux sont au nombre de 9 519 en longue maladie et de 3 042 en maladie, soit 4,7% des ressortissants couverts. Or, ils génèrent à eux seuls 10 milliards de Fcfp de dépenses en maladie (9,731 milliards de Fcfp en longue maladie et 300 millions en maladie), soit 18 %.

Les chiffres de 2018, les plus récents, mettent en lumière que les ressortissants couverts par les 4 régimes sont au nombre de 272 468 et qu’ils représentent 58,24 milliards de dépenses maladie (prestations nature). Les patients diabétiques sont au nombre de 10 045 en longue maladie et de 2 868 en maladie, représentant  4,7 % de la population couverte. Ils génèrent 10,689 milliards de Fcfp (10,369 milliards de Fcfp en longue maladie et 320 millions de Fcfp en maladie) de dépenses en maladie, soit 18,35%.

Les hospitalisations et la dialyse constituent les premiers postes de dépense de la pathologie, la fréquence ainsi que la gravité des complications ne diminuant pas.

Face à un défi aux enjeux majeurs, la politique publique de santé est restée inefficace, la maladie a continué de progresser dans des proportions alarmantes, malgré une mobilisation des mouvements associatifs et des partenaires concernés, rapporte le CESEC.

Pour le CESEC, le Pays doit prendre en urgence les mesures préventives et curatives qui s’imposent pour riposter efficacement contre l’aggravation dramatique de cette situation. Pour ce faire, le patient doit être placé au cœur des dispositifs et les décideurs politiques doivent faire preuve d’un engagement sans failles.

Des partenariats constructifs, associant les pouvoirs publics, la société civile et le secteur privé ainsi qu’une responsabilisation de chaque individu pourront produire les changements nécessaires pour endiguer le phénomène, et à terme, inverser la tendance actuelle.

Le CESEC a mis en lumière des mesures et actions qu’il considère prioritaires :

En matière de prévention et de promotion de la bonne santé : 

  • Mener des campagnes de communication efficaces et encadrer strictement le marketing alimentaire ;
  • Redonner aux familles l’envie de cuisiner ;
  • Lutter contre la sédentarité via la promotion de moyens de transport actifs, des installations et matériels sportifs adéquats et abordables ;
  • Agir sur les habitudes alimentaires en milieu scolaire tout en favorisant l’activité physique et sportive ;
  • Améliorer et renforcer la médecine scolaire et le suivi médical des enfants ;
  • Mettre en place un plan quinquennal de lutte contre le diabète et l’obésité dans les écoles maternelles et primaires à amorcer dès la rentrée 2020, sous la tutelle administrative et les orientations de la délégation à la prévention de l’obésité et du diabète placée sous l’autorité du Président de la Polynésie française ;
  • Instaurer un cordon sanitaire aux abords des établissements scolaires par le biais d’un encadrement strict des produits vendus et d’un agrément sanitaire ;
  • Agir sur la nutrition et favoriser la pratique d’une activité physique dans le monde du travail ;
  • Développer le suivi médical des salariés par le biais de la médecine du travail qu’il est nécessaire de faire évoluer et renforcer ;

En matière d’économie et de fiscalité :

  • Prendre des mesures fortes combinant taxes et subventions, afin de rendre financièrement plus attractifs les produits « sains » et moins intéressants les produits « malsains » (trop sucrés, trop gras, trop salés) ;
  • Agir sur la taxe sur le sucre (augmentation des prix d’au moins 22% comme en Nouvelle Calédonie) ;
  • Elargir la taxation, autant que possible, aux aliments riches en mauvaises graisses et en sel ;
  • Revoir la liste des PPN en fonction de critères sanitaires souhaités, des écarts de prix entre produits locaux et importés et intégrer des critères de qualité notamment dans la procédure d’appel d’offres de la farine ;
  • Programmer par voie réglementaire, des objectifs échelonnés dans le temps, de composition nutritionnelle saine par familles d’aliments, pour les importations et les productions, en collaboration avec les importateurs et industriels locaux, afin d’adapter leurs activités.

En termes d’amélioration de la qualité des produits alimentaires locaux :

  • Adopter un Schéma directeur de l’agriculture qui favorise un approvisionnement régulier et un développement de circuits courts ;
  • Soutenir fortement l’agriculture biologique via la restriction de la vente et de l’utilisation de produits chimiques ;
  • Encadrer la production alimentaire industrielle locale pour réduire la quantité de sucre, de graisses et de sel ;
  • Améliorer l’information des consommateurs et la traçabilité des produits (étiquetage nutritionnel) ;

En matière de prise en charge optimale de la maladie :

  • Rendre obligatoire le dépistage du diabète à partir de l’âge de 40 ans ;
  • Adopter urgemment un panier de soins spécifique dont le mode de financement ne doit pas reposer sur les seules cotisations sociales mais également sur une contribution du Pays ;
  • Mettre en place une éducation thérapeutique et un accompagnement soutenu pluridisciplinaire grâce à une structure dédiée ;
  • Maîtriser les coûts via le développement de la greffe rénale ;
  • Financer l’offre de traitement de l’insuffisance rénale via le budget du Pays ;

En termes de gouvernance et de pilotage de l’ensemble de ces mesures :

  • Adopter une véritable politique publique de lutte contre le diabète, augmenter le budget et les moyens dédiés à la prévention par le biais des mesures fiscales et économiques préconisées en amont ;
  • Créer une délégation à la prévention de l’obésité et du diabète, placée sous l’autorité du Président de la Polynésie française, chargée de coordonner planifier et piloter efficacement les mesures liées à la lutte contre l’obésité et le diabète ;
  • Faire de l’évaluation une priorité en développant une méthodologie et des indicateurs de suivi (à court, moyen et long terme) pour avoir une bonne connaissance épidémiologique, orienter les financements, optimiser les moyens et apporter les corrections nécessaires.

« Ces mesures méritent de s’inscrire dans un plan d’action concerté et coordonné à l’horizon 2030, et leurs résultats analysés avec une acuité accrue.
La situation d’urgence sanitaire que connaît la Polynésie française en matière de diabète requiert une reconnaissance solennelle de nos décideurs publics que ce fléau constitue la cause prioritaire absolue. La lutte contre le diabète sera vaine sans un véritable engagement sociétal. Tel est le défi vital que la Polynésie doit relever impérativement », conclut le CESEC dans son rapport.

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Taxer le sucre est-il efficace ?

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