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Procès Air Moorea : les théories passées en revue

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Publié le 14/10/2018 à 14:58 - Mise à jour le 14/10/2018 à 14:58
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Malaise du pilote, avarie technique, erreur de pilotage… Le tribunal a tenté, ce lundi matin, de refermer des portes quant aux causes du crash du Twin Otter. La défense a fait citer plusieurs experts dont deux anciens pilotes-instructeurs de la compagnie. Et aucun n’a affiché de certitude. Si ce n’est que selon eux, même avec la rupture du câble de gouverne, l’avion reste manœuvrable si le pilote joue sur le compensateur, aussi appelé Trim. Comme le soutient Jean-François Lejeune, ancien pilote-instructeur d’Air Moorea. « Si l’avion est équilibré, donc trimé, il peut continuer sur sa trajectoire, explique-t-il. Il y a une gouverne primaire et une gouverne secondaire ; et la gouverne secondaire peut entraîner la gouverne primaire. »

> Des théories et des doutes

Pour les avocats de la défense, le doute demeure sur les raisons du crash. Et il doit profiter aux prévenus. Mais du côté des parties civiles, les explications des témoins cités par la défense n’ont pas convaincu. « On essaie de nous expliquer qu’on pouvait récupérer l’avion alors qu’il a commencé à chuter à une altitude de 90 mètres, ce qui représente un tiers de la tour Eiffel, confie Me Etienne Rosenthal, l’avocat de familles de victimes. Que malgré sa masse et le fait qu’il s’agit d’un petit avion de ligne, on pouvait le récupérer. Personnellement, je n’y crois pas, et je pense que le seul fait d’affirmer que le contre-trim pour agir sur un aileron permettait de rectifier une rupture de câble en plein vol, c’est de la théorie. Aucun exercice de ce type n’a pu être fait à cette altitude pour le vérifier. »
 
Dans l’après-midi, un expert judiciaire indépendant a d’ailleurs estimé que ça aurait été « un exploit » que le pilote parvienne à récupérer l’appareil à une si faible altitude.

> Polémique au sujet d’un expert

La journée a également donné lieu à une nouvelle polémique. Des proches de victimes auraient eu des contacts ces dernières années avec Jean-François Lejeune, qui leur aurait proposé ses services. Et il ne leur aurait pas tenu les mêmes propos que devant la cour. « Ce témoin semblait retenir des éléments qu’il n’a pas mis en avant lorsqu’il a approché les familles de victimes, reprend Me Rosenthal. Pour lequel la rupture était essentiellement due à la rupture du câble de gouverne et j’avoue être surpris. »
« Je n’ai pas ce souvenir, dément l’intéressé. Je connais l’avion, posez-moi des questions sur l’avion. Mais tout le reste, je ne sais pas. »
 
Mardi, des experts judiciaires se succéderont à la barre pour rendre leur conclusion sur la rupture du câble comme cause de l’accident.
 

Rédaction Web avec Jean-Baptiste Calvas et Sam Teinaore

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