A VOIR

|

Prison : la prise en charge des mineurs en question

Publié le

L’auteur du coup de couteau au collège Henri Hiro s’est donné la mort en prison la semaine dernière. Ses obsèques ont eu lieu ce lundi matin au cimetière de St Hilaire à Faa’a. Le décès de ce mineur pose questions sur la prise en charges des jeunes, fragiles psychologiquement pendant leur incarcération.

Publié le 07/11/2022 à 17:30 - Mise à jour le 08/11/2022 à 9:40
Lecture 2 minutes

L’auteur du coup de couteau au collège Henri Hiro s’est donné la mort en prison la semaine dernière. Ses obsèques ont eu lieu ce lundi matin au cimetière de St Hilaire à Faa’a. Le décès de ce mineur pose questions sur la prise en charges des jeunes, fragiles psychologiquement pendant leur incarcération.

Des funérailles et un lot de questions sans réponse. La famille du jeune de 15 ans, auteur du coup de couteau contre un collégien de Henri Hiro le 10 octobre, était réunie ce matin au cimetière de Saint-Hilaire.

Le mineur s’est suicidé dès son premier jour de détention. Sa famille va porter plainte. “Je n’étais pas au courant. Même à Jean Prince, à la gendarmerie, à Nuutania, je n’étais au courant de rien. je suis en colère. Je compte porter plainte contre l’Etat”, déclare Julie Peau, mère du lycéen mort en prison.

Le mineur, fragile psychologiquement, avait été interné immédiatement après les faits pendant une semaine au service psychiatrie de l’hôpital Jean Prince avant d’être placé en détention provisoire.

Selon son avocat, Me Tulasne, que nous avons pu joindre, il était imprévisible. Durant sa garde a vue le mineur, très agité, était sous valium et Neuroleptiques. Cela a été mentionné dans le procès-verbal. Mais la machine judiciaire était enclenchée. L’avocat évoque une possible défaillance au niveau de l’hôpital psychiatrique.

Lire aussi : L’auteur du coup de couteau au collège Henri Hiro s’est donné la mort

La prise en charge des mineurs en prison et l’impact de leur incarcération fait encore défaut en Polynésie selon Me Millet.

Dans un rapport de 2012 du contrôleur général des lieux de privation de liberté, le risque de suicide par pendaison était déjà mis en évidence, après une visite a la prison de Nuutania.

Maitre Millet dénonce le manque d’infrastructure pour les jeunes délinquants. “On est dans une situation en Polynésie où on ne peut pas interner en psychiatrie un mineur. On n’a pas du tout d’infrastructures pour ça. Et on ne peut pas non plus interner, arrêter, mettre en détention un mineur pour une question judiciaire dans une infrastructure adaptée puisque ça n’existe pas. Donc on se retrouve dans une situation où on met en détention des mineurs dans des centres pénitentiaires pour adultes ce qui est absolument indédit sur le territoire de la République”.

Selon nos informations, le lycéen avait confié à son avocat, avoir peur d’être placé avec les adultes et d’être violé derrière les murs de Nuutania. Quatre mineurs sont actuellement incarcérés. Depuis ce suicide,  le parquet a ouvert une enquête mais ne souhaite pas s’exprimer…