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Plus de cancers en France qu’en Polynésie selon le rapport de l’Inca

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Un taux de cancer inférieur à celui de la métropole, de la Nouvelle-Zélande ou de Hawaii : un an après sa venue en Polynésie, l'Institut national du cancer (INCa), a diffusé son rapport. Celui-ci déplore également un registre des cancers en difficulté, un dépistage « mal-organisé » ou encore, la « part très réduite » des dépenses de santé consacrées à la prévention.

Publié le 26/11/2022 à 19:04 - Mise à jour le 28/11/2022 à 9:11
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Un taux de cancer inférieur à celui de la métropole, de la Nouvelle-Zélande ou de Hawaii : un an après sa venue en Polynésie, l'Institut national du cancer (INCa), a diffusé son rapport. Celui-ci déplore également un registre des cancers en difficulté, un dépistage « mal-organisé » ou encore, la « part très réduite » des dépenses de santé consacrées à la prévention.

70% de personnes en surcharge pondérale, 40% de personnes obèses, 41% de fumeurs et une consommation de sucre ou d’alcool parmi les plus élevées dans la zone Pacifique. Diffusé lundi, le rapport de l’Institut national du cancer souligne « le niveau très élevé » des « facteurs de risque de maladies chroniques directement associés aux modes de vie » en Polynésie française. Si le document reconnaît « une volonté réelle » de s’y attaquer, il relève également la faible part des dépenses de santé consacrées à la prévention. Soit 3%. « Cette part très réduite, si elle n’est pas propre à la Polynésie, marque vraiment le fait que la prévention n’est pas une réelle priorité » relève le document.

Si l’Inca reconnaît la lenteur des résultats en matière de prévention et l’intérêt des « nombreuses initiatives qui émaillent ces dernières années », il déplore un manque d’évaluation et de coordination « entre le Pays et les associations et entre les associations » et préconise de « renforcer la politique de prévention conduite par le Pays », avec une « méthodologie plus aboutie ».

249 cas pour 100 000 habitants en Polynésie, contre 330 pour 100 000 habitants en métropole

Paradoxalement, le rapport met aussi en exergue l’incidence « nettement inférieure » du cancer chez les hommes à celui de la métropole. Soit 249 cas pour 100 000 habitants, contre 330 pour 100 000 habitants en métropole. Un écart de 25% qui étonne au regard des 800 nouveaux cas enregistrés en moyenne par an en Polynésie. Du côté de la gent féminine, l’écart est moins marqué avec 266 cas pour 100 000 personnes contre 274 en métropole. Mais l’incidence est également inférieure -bien que dans une moindre mesure- « à celle des Maoris de Nouvelle-Zélande, population la plus proche de celle de Polynésie française, et à celle des Hawaïens d’Hawaï » poursuit le rapport.

Enfin, ce sont surtout les recommandations relatives au laboratoire d’anatomie pathologique qui interpellent. Le rapport préconise en effet de le maintenir au CHPF, plutôt que dans les murs de l’institut polynésien du cancer, censé recevoir ce laboratoire. Un élément qui aurait remis en question le financement de la structure prévu par le contrat de développement.

L’élu Tāvini huira’atira, Eliane Tevahitua, s’en est d’ailleurs inquiétée vendredi à l’assemblée lors de la commission de l’économie. « J’ai posé la question au cours de la commission de l’économie pour le budget 2023 et j’ai appris tout simplement qu’il n’y avait pas de financement ». Pour l’élu cependant, la question n’est pas de savoir où se situera le laboratoire, mais de concrétiser sa mise en œuvre. « Il y a une croissance exponentielle du nombre de nouveaux cas chaque année et ce laboratoire est vraiment indispensable dans la zone urbaine. Il faut aussi que l’institut du cancer puisse travailler de manière collégiale avec le CHPF et qu’on évite les batailles de clocher ». Du côté du haut-commissariat on indique simplement que le sujet sera débattu au prochain comité de pilotage Etat-Pays.