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Pêche : comment l’Etat surveille les navires étrangers en Polynésie

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Publié le 19/03/2019 à 15:07 - Mise à jour le 19/03/2019 à 15:07
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La Toile polynésienne s’enflamme depuis que des thoniers chinois ont fait leur entrée dans le port de Papeete. Les photos se multiplient sur Facebook et une pétition pour “interdire les thoniers chinois en Polynésie française” a été lancée. Elle recueille plus de 2700 signatures. Les internautes soupçonnent ces navires de “piller” nos eaux. 

Du côté des autorités, on affirme que ces bateaux ne pêchent pas dans notre Zone économique exclusive (ZEE). Ils viennent en revanche passer des contrôles techniques, relever leurs équipages et se réapprovisionner à Papeete. Une aubaine pour l’économie polynésienne puisque le Port autonome perçoit des droits lorsque des bateaux s’amarrent. 

> D’importants dispositifs de surveillance

Comment peut-on être certains que ces poissons n’ont pas été pêchés dans nos eaux ? En Polynésie, c’est l’État qui est en charge de la surveillance des navires dans notre ZEE. Une zone qui représente près de la moitié des ZEE françaises dans le monde… “La Zone économique exclusive de Polynésie française représente 5.5 millions de km2″, nous dit Yvan De Trogoff, conseiller pour l’action de l’État en mer auprès du commandant de zone maritime Polynésie française. 

La surveillance nécessite donc des moyens importants : données électroniques recueillies grâce à un boîtier, vigilance des pêcheurs et du JRCC, patrouilles aériennes, surveillance satellite et visites de la marine sur les bateaux étrangers… 

Les navires sont dans l’obligation d’activer leur boîtier VMS : “C’est un report de position permanent qui est obligatoire pour chaque navire de pêche. Ces données de report de position sont surveillées de manière permanente au centre maritime commun afin de vérifier que les navires de pêche étrangers ne pénètrent pas dans nos ZEE pour venir y pêcher. Ils ont le droit d’y transiter et dans le cadre de transits des navires de pêche étrangers nous vérifions que leur cinématique correspond bien à un transit dans la zone”, explique Yvan De Trogoff. “Si le navire  réduit sa vitesse, commence à faire des ronds (…) ça peut être constitutif de la mise à l’eau de palangres. Pour nous c’est une situation suspecte qui donnerait lieu à l’envoi d’un avion de patrouille maritime pour aller détecter, voir ce qui se passe et éventuellement constater une infraction.” 
 

En vidéo, l’interview d’Yvan De Trogoff, conseiller pour l’action de l’État en mer auprès du commandant de zone maritime Polynésie française. 

> 225 survols de navires de pêche réalisés par l’armée en 2018

Et si un navire de pêche désactivait son boîtier VMS ? La surveillance des données électroniques est complétée par des clichés satellites qui permettent de détecter les navires qui n’activeraient pas leur système de report de pêche. Les avions de l’armée effectuent également des patrouilles régulières. “En 2018, nous avons réalisé 225 survols de navires de pêche et très souvent à plusieurs milliers de kilomètres de Tahiti”, nous dit le conseiller. 

La surveillance des navires de pêche est par ailleurs effectuée par la marine nationale en dehors de la ZEE. L’armée se rend à bord des navires de pêche pour vérifier qu’ils se conforment au règlement et dispositions prévues par l’organisation régionale des pêches du pacifique Ouest. Le but dans ce cas est avant tout de dissuader. La France se classe au 2e rang derrière les États-Unis en nombre de visites de contrôle sur des navires de pêche. 

> Le JRCC, en veille constante

Dans la ZEE, les pêcheurs polynésiens veillent également. “Le JRCC veille 24h/24. Par sa fonction de veille, il est le point de contact de tous les navires en mer. Très souvent, parce qu’ils sont sensibilisés et nous aussi, les navires de pêche polynésiens nous reportent la présence de navires étrangers dans les eaux économiques exclusives de Polynésie française. Dès qu’il y a un report, on regarde si les navires correspondent à une activité qu’on connait ici au travers du suivi automatique des navires. (…)  De façon générale, ça correspond à un transit et pas à une action de pêche”, explique Antoine Ferri directeur du JRCC. 

Et si vous souhaitez vous assurer vous-même du déplacement de navires étrangers en Polynésie, des ONG ont créé le site Global Fishing Watch. Cette carte permet de suivre 60 000 bateaux de pêche industrielle dans le monde. 

Rédaction web (Interviews : Naea Bennett) 

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